‹ Les vacances de Pandolphe: comédie en trois actesChapitre 12 sur 115 · I. Marinette, le Doctenr · texte numérisé non relu

I. Marinette, le Doctenr

n LES VACANCES DE PANDOLPHE.

LE DOCTEUR

Il a de rare qu'il est à moi... c*est mon tilleul, le seul que j*aie, donc c*est le plus précieux de mon jardin, et comme mon jardin est, à mes yeux, le plus agréable endroit du monde, ce tilleul, est pour moi le plus beau de tous les arbres.

MARINETTE

Tiens ! c'est vrai , ça ! Ce que c'est que le raisonnement. Je vas vous apporter votre déjeuner, pas vrai ?

LE DOCTEUR

Oui, là, sur ma petite table verte, dans ma tasse de faïence, avec mon pain , mon jambon , mon beurre , ma crème , mon sucre , mon livre , enfin , toutes mes petites aises... Eh ! la matinée est encore fraîche ! Voyous , ai-je bien tout ce qu'il me faut? mon manteau? oui... mes pantoufles turques.' oui... mon bonnet de laine de Ségovie? oui... ma peau de vautour sur l'estomac? oui... mon chapeau, pour quand le soleil montera^... Ahl mon chapeau, Marinette; vous avez oublié de me donner mon chapeau?

UARINETTE.

Non , monsieur, vous l'avez sous le bras.

LE DOCTEUR.'

C'est juste! Attendez... mon mouchoir, pour m'essuyer les yeux, si je viens à m'attendrir en lisant... ma bourse, s'il vient à passer quelque pauvre... Oui, j'ai bien tout, et je puis enfin entrer en vacances dans ma maison de campagne. — Allez , Marinette, n'oubliez rien, et surtout ne cassez rien.

MARINETTE

Casser, moi! bonté divine! qu'est-ce que j'ai donc jamais cassé?

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