I. Marinette, le Doctenr
n LES VACANCES DE PANDOLPHE.
LE DOCTEUR
Il a de rare qu'il est à moi... c*est mon tilleul, le seul que j*aie, donc c*est le plus précieux de mon jardin, et comme mon jardin est, à mes yeux, le plus agréable endroit du monde, ce tilleul, est pour moi le plus beau de tous les arbres.
MARINETTE
Tiens ! c'est vrai , ça ! Ce que c'est que le raisonnement. Je vas vous apporter votre déjeuner, pas vrai ?
LE DOCTEUR
Oui, là, sur ma petite table verte, dans ma tasse de faïence, avec mon pain , mon jambon , mon beurre , ma crème , mon sucre , mon livre , enfin , toutes mes petites aises... Eh ! la matinée est encore fraîche ! Voyous , ai-je bien tout ce qu'il me faut? mon manteau? oui... mes pantoufles turques.' oui... mon bonnet de laine de Ségovie? oui... ma peau de vautour sur l'estomac? oui... mon chapeau, pour quand le soleil montera^... Ahl mon chapeau, Marinette; vous avez oublié de me donner mon chapeau?
UARINETTE.
Non , monsieur, vous l'avez sous le bras.
LE DOCTEUR.'
C'est juste! Attendez... mon mouchoir, pour m'essuyer les yeux, si je viens à m'attendrir en lisant... ma bourse, s'il vient à passer quelque pauvre... Oui, j'ai bien tout, et je puis enfin entrer en vacances dans ma maison de campagne. — Allez , Marinette, n'oubliez rien, et surtout ne cassez rien.
MARINETTE
Casser, moi! bonté divine! qu'est-ce que j'ai donc jamais cassé?