ACTE 1, SCÈNE XIII
LE DOGTEUIU
Chut !
Chut!
LE DOCTEUR, impatienté.
Eh bien?... je suis le maître ici, je suis le juge.
PÉDROLINO.
Oui, VOUS Têtes!
LE DOCTEUR.'
J*ordonue que vous vous taisiez. (A Marinette.) Et vous, que "^ous laissiez cette fiUe libre de choisir à son gré. Seulement , ^ous prendrez tous le temps de réfléchir, et le mariage sera différé d'un mois.
PÉDROLINO.
Bien jugé!...
VIOLETTE
Oui , le temps n'y fait rien , va ! je ne changerai mie.
MARINETTE
Et moi, j'espère que si ! (Le docteur la regarde d'an air grondenr.) Je me range au délai... mais, pour ma peine, monsieur le docteur, vous consentirez à nous accompagner à ce château ?
LE DOGTEUB.
Moi?... non, le diable m'emporte ! (il va se rasseoir.)
MARINETTE
Qui donc nous conseillera?... Qui donc nous émouchera tous ces gens de loi et de chicane qui nous vont gruger? Ah ! nous y mangerons bien le tout,, nous deux, pauvres femmes qui n'entendons rien à tout ça 1 (A Violette.) Priçle donc aussi, toi , te voilà comme une endormie ! v
Dame! est-ce que j'ai le cœur de le tourmenter, ce pauvre
1. Le Doctear, Marinette, Violette, Pédrolin«. 3. PédroUno, le Docteur, Marinette, Violette.
cher homme , qui est si bon^ si content dans sa petite campagne, et qui a tant besoin de se reposer !
LE DOCTEUR
A la bonne heure, vous, vous parlez sagement.
PÉDROLINO.
Pour ça, c'est vrai, monsieur a tant de fatigue et de tintoin le long de l'année, que c'est pour le rendre imbécile!
(En disant cela, il vent ranger la table sur laquelle le docteur a le coade appoyé , et 11 la tire aa risqae de le faire tomber.)
VIOLETTE
Oh ! il n'y a pas de danger, il aura bien toujours de l'esprit pour quatre.
PÉDROLINO.
C'est égal, contrarier monsieur, c'est risquer de le rendre enragé 1
VIOLETTE
Oh! que non, il ne mangera jamais personne, lui!... Mais on ne doit point lui manger son temps et sa peine.
LE DOCTEUR, se levant.
Cette fille a vraiment du bon 1 (à part.) Si je m'en croyais! (Haut.) Non, non, je suis toujours dupe de ma faiblesse, et cette fois on ne m'y prendra point... Allez, Marinelte, faites vos paquets. (A Pédroiino.) Toi, tu vas atteler ma carriole ; je la leur prête, et elles partiront toutes deux à midi... Oui, oui, débarrassez-moi de toutes vos histoires!... Et moi qui n'ai pas encore fait ma sieste 1 Ah ! Violette ! vous pouvez bien dire que vous m'assassinez le commencement de mes vacances. (11 se rassied sous son arbre. — Pédrolino et Marinette sortent par le fond.)
i . Pédrolino, le Docteur, Violette, Marinelte.