‹ Les vacances de Pandolphe: comédie en trois actesChapitre 48 sur 115 · ACTE 11, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCÈNE I

ISABELLE

Que lu parles facilement de retrouver un riche parvenu à qui, grâce à de certains airs, on puisse faire avaler tant de choses !

COLOHBINE, soapirant.

Hélas! mademoiselle, est-ce que moi-même...

ISABELLE

Il est vrai que Pascariel te tenait au cœur, et que le pauvre diable a péri comme ses maîtres.

COLOMBINE

Je n'ai pas tout à fait perdu Tespérance qu'il se soit sauvé, puisqu'on n'a point repêché sa carcasse avec celles des autres. Il n'y a point d'apparence que les poissons en aient fait un grand régal, car de la tête aux pieds, ce n'était rien qui vaille ; mais il s'entendait à acquérir de l'argent, et j'en eusse fait mon homme d'affaires. Eh I bah î madame, rentrons à Bassano. * Au moins on y voit du monde, et ce lieu-ci est devenu une solitude bonne pour donner des vapeurs. *

ISABELLE

Attendons encore un peu. J'espère que Théritière arrivera aujourd'hui.

COLOMBINE

Et que voulez-vous faire de l'héritière? Si c'était un héritier, je D^ dis pas.

ISABELLE

Tu sais ce que nous a dit le notaire de la famille. C'est, ditil, une jeune créature sans usage, sans monde, et qui pourrait...

COLOMBINE

Payer les dettes que vous avez fait contracter à Octave Sbrufadelli, son défunt cousin ? j'en doute !

On peut toujours essayer, en Téblouissant par les caresses et le langage du bel air 1...

COLOMBINE

Allons, je vois que la douleur ne vous empêche point de songer à vos intérêts, et c'est ainsi, vive Dieu ! que je vous aime 1 Mais que vois-je ? Pascariel !

Page 1