‹ Les vacances de Pandolphe: comédie en trois actesChapitre 63 sur 115 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

VIOLETTE

Ma fine, mam'selle, à force de regarder, je m'en sens dans les jambes.

ISABELLE

Vous êtes lasse? moi aussi. Je me sens d'une fatigue outrée. (A Pédrolino.) Jeune laquais, voyez donc dans ce bocage, si nous pouvons nous seoir sur les gazons.

PÉDROLINO.*

Oh ! moi , je ne vous en empêche point.

PASCARIEL.

On vous dit de regarder s'il n'y a point quelque couleuvre ou scorpion dans les herbes.

PÉDROLINO.

Oh ! il y en a donc partout des mauvaises bêtes?

( II entre dans le bosquet, voit la statae qui a le doigt sar ses lèvres. II lui Ole son cliapeaa» interdit, pais répondant au geste de la statae par an geste semblable, il sort à recalons da bosqaet.)

PASCARIEL*.

Eh bien! qu est-ce qu'il y a?

PÉDROLINO ,* indiquant la statae.

U y a du monde. .

PASCARIEL.

Âh ! quel imbécile ! pour avoir peur de l'estatue !

VIOLETTE, auprès de la fontaine.

Sachez que ce gars-là n'est pas un imbécile, monsieur Pascariel.

4. Pédrolino, Pascariel, Golombine, Isabelle, Violette. 3. Pascariel, Violette, Isabelle, Golombine, Pédrolino.

PÉDROLINO. (II se pencbe sar la balustrade qai entoure le bassin.)

Ah ! v1à une belle mare ! S'il y avait des canards dessus, on dirait celle de Recoaro ! mais ça paraît creux en diable !

COLOMBINE

Prenez garde, mon enfant, il y a de quoi se noyer.

ISABELLE, à Violette.

Ah î le doux murmure des fontaines est le réfrigérant de la mélancolie; ne trouvez-vous pas?

Ma fine, mam'selle, vous en cherchez bien long! m'est' avis qu'un 'clair ruisselet qui gargouille à son idée dansfe mousse et le cresson, cause plus raisonnablement que toutes vos idoles de jardin.

COLOMBINE, bas à Pascariel.

Mon Dieu ! qu'elle est obtuse, et que vous ferez des époux assortis !

PASCARIEL, dememe.*

Taisez-vous, mauvaise langue ! (Ils entrent dans le bosqaet. Isabelle s'assied d'un côté avec Colombine. Violette s'assied à l'autre extrémité avec Pédroliuo couché à ses pieds fort à son aise. Pascariel passe derrière le banc ' et vent s'asseoir, de cOté, entre les deux groupes.— A Pédrolino, en passant près de lui.) Vous , est-ce la mode de se vautrer ainsi devant les dames? voilà des manières de galopin !

VIOLETTE

Moi, monsieur, je permets ça à mes amis.

PASCARIEL, baissant la voix.* Vos amis ! oh 1 sMl y a moyen d'en être !... (H veut s'asseoir.)

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