ACTE II, SCÈNE XVI
ment-là ! Je vas travailler pour te faire manger, dormir, pour t'engraisser ; non, non, il ne faut plus qu'il en soit parlé.
( Il se frappe la tète avec son chapeaa, cherche à s'étrangler avec ses mains, prend Téventail oublié d'Isabelle comme un poignard et le brise sur sa poitrine; pois il prend le fasil oublié de Léaiidre, et, portant la crosse vers sa boucbe, fait mine avec le pied de vouloir le faire partir. Le docteur le lui arrache et le garde dans ses mains en suivant ses mouvements. Pédrolino est devenu comme fou et va pour se précipiter dans le réservoir, en montant sur la balustrade. Cette pantomime est à la fois comique et dramatique. Celle du docteur en est la conséquence , et s'effrsyant peu à peu du délire de Pédrolino , il commence à chercher avec agitation les moyens de l'arrêter. Pendant le mouvement de cette action , ils ont échangé ces mots.)
LE DOCTEUR
Eh bien, il est fou ?
PÉDROLINO.
Non... oui... bonsoir! {il court ai hawin.)
LE DOCTEUR. '
Je vous défends...
C'est égal I
LE DOCTEUR
Malheureux! douze pieds d'eau !
PÉDROLINO, debout sur la balustrade.
C*est ça , adieu mon maître ! adieu Violette ! adieu père et mère ! adieu tout le monde ! rendez-moi vos amitiés quand je n'y serai plus.
LE DOCTEUR, qui a gardé le fusil de Léandre, couche Pédrolino
en joue.
Coquin ! si tu as le malheur de te tuer, je te brûle la cervelle. (Pédrolino reste stupéfait comme foseiité.) Oui, garnement; oui, scélérat , descends , je te l'ordonne , ou je te vas chercher à
grands coups de canne.
(Pédrolino descend tout hébété ; le docteur le prend par l'oreille et le ramène au premier plan.)