LE8 VACANCES
la chose était possible ; nos amis étaient maintenant fort éloignés du pays des bushmen; ils se trouvaient alors dans une région habitée par de pauvres tribus de la grande famille des Béchuanas; et jamais Facetanné dont la terre natale est au sudouest, dans la direction du pays des Namaquas, n'avait été aussi loin de chez lui du côté de l'orient.
C'est par ce motif que Hang , le plus âgé de la bande et surtout le plus raisonnable, décida qu'on ne se remettrait en marche qu'après avoir convenablement boucané toute la chair du blauwbok.
Cette provision, jointe à ce qui leur restait des deux oryx, leur donnerait au moins là certitude de ne pas manquer de viande, en supposant que le pays qu'ils allaient parcourir fût dépourvu de gibier. C'était, du reste, l'affaire de quarante-liutt heures ; il n'en faudrait pas davantage pour que le soleil eût complètement séché la venaison, que l'on pourrait ensuite faire voyager sans crainte.
Le départ de nos chasseurs fut donc remis au surlendemain, et la chair du blauwbok et de l'oryx, qui pendait en rouges festons aux branches des acacias, prit une couleur brune, se durcit, et fut dès lors dans les conditions voulues pour se garder pendant cinq ou six semaines.
Mais nos jeunes boërs n'avaient pas besoin de rester toute la journée au camp ; leur biltong n'exigeait pas une extrême surveillance; il était sus-
DES JEUNES BOÊRS. 163
pendu assez haut pour n'avoir rien â craindre pendant la nuit des chacals et des hyènes , et pendant le jour il suffisait de la présence de Congo ou de
Facetannépour éloigner les oiseaux de proie. . .
Dès qu'il fut décidé qu'ils ne partiraient pas immédiatement , les jeunes chasseurs montèrent à cheval et se dirigèrent tous les six, vers la prairie où le blauwbok avait été forcé par Hendrik, et où ils s'attendaient bien à trouver des égocères ou quel* que autre espèce d'antilope.
Nos amis ne furent pas trompés dans leur espoir; â peine arrivaient-ils dans la prairie qu'ils aperçurent une quantité d'animaux de trois espèces différentes. A une assez grande distance, on voyait une troupe considérable de petites antilopes, dont les cornes en forme de lyre, et le pelage d'un brun jaune révélaient des springboks*; il suffisait d'ail* leurs de les regarder un instant pour s'en convaincre ; à chaque minute, l'un des membres du troupeau bondissait comme poussé par un ressort , et déployant cette partie de la peau qui, chez l'antilope sauteuse, forme une poche sur la croupe faisait voir les grands poils blancs dont cette espèce de sac est doublé.
Non loin des springboks, et se mêlant parfois avec eux, était une bande d'animaux de plus grande