BRUNEL, ARMANDE, JEANNE
JEANNE^ appuyée au bras d'Ârmande,
Le soleil est trop beau ! l’azur du ciel m’ennuie.
Je voudrais de rhiver, du brouillard, de la pluie !
ABMANDE.
Le charitable vœu! (a Brunei.) Le comte est envolé?
JEANNE
Où donc est mon mari ?
BRUNET,
Raoul ? il est allé
Se jeter dans les bras d’un illustre agronome;
Car il passe à cette heure à l’état de grand homme 1
Comment ?
ARMANDE
BRUNEL
N’essayez plus de le déprécier.
C’est le Cincinnatus de ce siècle boursier !
Sa machine à vapeur qui n’est plus un mystère S’en va faire le tour du monde, — l’Angleterre Et les États-Unis l’adontent à grands cris, L’Académie enfin lui aécerne le prix De je ne sais plus quoi, qui rappelle la gloire De je ne sais qui, d’immortelle mémoire 1
JEANNE f indifférente.
ARMANDE, sèchement.
Vous en plaisantez d’une telle façon...
BRUNEL
Bah! si je fausse l’air, je chante la chanson,
Et cela n’est pas tout !
LKS VACANCES Dü DOCTEUR.
ARHANDE.
Vraiment ?
BRCNEL.
A la manière
Dont il (ait son chemin, bientôt sa boutonnière...
ARUANDE, joyeaie. , .
Il sera décoré 1... demain ?
BRUNEI..
Attends un peu !
S’il mérite de l’ôtre , au demeurant.
BRUNEU
Parbleu !
— Et puis c’est notre ami , n’est-ce pas?
ARUANOE.
Je suis sûre
Qu’il mérite de l’étre ! Ah 1 la haute tournure Qu’aura notre Raoul; c’est un charmant garçon,
Et...
BRUNEL
Voilà qui suffit, c’est bien simple !
ARUANDE.
Mais non,
Et son invention qui brise la routine !. .
BRUNEL, à Jeuine.
Ah çà, tu ne dis rien: son succès te chagrine?
JEANNE
•Moi ? je suis joyeuse !
BRUNEL
Ah!
.le dis ce que je sens.
BRUNEL
Ah !
JEANNE
Je suis très-joyeuse !
BRUNEL
Enfant ! je te comprends.
Tu houdes la science ! au fond ce qui t’afflige,
C’est que depuis longtemps ton mari te néglige;
Il est trop occupé pour te paraître épris;
Vois-tu, c’est le travers de tous ces grands esprits.
Ces hommes sérieux qu’on nomme gens pratiques.