‹ Les vacances du docteur drame en quatre actes en versChapitre 32 sur 61 · JEANNE, RAOUL · texte numérisé non relu

JEANNE, RAOUL

JEANNE

Maintenant nous pouvons causer avec franchise, Raoul, nous voilà seuls. Il faut que je vous dise

Le plaisir que me fait la croix que vous portez.

Nul ne sait mieux que^oi que vous la méritez.

— Ce ruban-là vous rend superbe ! — Je soupçonne Que c’est moins le ruban encor que la personne Qui me charme, Raoul !

RAOUL

Jeanne!... je suis touché...

JEANNE

Seulemenl...

RAOUL

Seulement?...

JEANNE

Il est mal attaché !

RAOUL, riant.

.Ah I bah !

JEANNE

Ces choses-là sont de ma compétence.

C’est un petit détail de beaucoup d’importance.

Je vais en un instant vous renouer cela.

Vous serez beaucoup mieux! — Tenez, mettez-vous là!

(Raoul t'aaaiad près de Jeanne.)

J’aurais bien plus tôt fait d’en attacher un autre.

{Raoul ae recule )

Oh 1 qui sera dix fois plus joli que le vôtre 1 Le vôtre est bien trop large, il s’étale! il a l’air De dire ; Regardez! cela choque!... c’est clair!

RAOUL, à p«rte

Moi qui viens de jurer...

(Haut, ae ie*ant.) C’est uu enfantillage !

JEANNE, le faisant asseoir doucemenU

Oui, c’est vrai : que veux-tu! c’est encor de mon âge. Et je te sais trop bon pour me rien refuser.

Tu sais que l’on permet aux enfants d’abuser:

La femme est un enfant sur bien des points; j’abuse. Mais monamour pour toi doit me servir d’excuse.

RAOUL

Jeanne, exigez de moi tout ce qu’il vous plaira.

Et ce que vous voudrez qui soit fait se fera;

Je vous le jure ici sur ma foi d’honnête homme!

Mais laissez-moi porter ce ruban !

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