ACTE DEUXIÈME
JEANNE
Voyez comme
C’est étrange! Je n’ai nul désir dans l^esprit, Sinon celui-là même ! Un désir bien petit,
Vous l’avouerez, Raoul.
RAOUL
Mais je ne puis comprendre....
(a part, te lerinl.)
Soupçonne-t-elle?
JEANNE
Au nom de l’amour le plus tendre...
RAOUL
Mais c’est, en vérité, de l’obstination !
JEA.NNE.
Oh ! c’est bien pis, Raoul, c’est superstition !
Comment!
RAOUL
JEANNE
Je m’étais dit : Tu sais, quand on est femme. On a comme cela des croyances dans Tâme,
Que l’on doit respecter, Raoul! — J’avais pensé...
— C’était depuis longtemps mon rêve caressé —
Je m’étais réservé ce tendre privilège D’attacher de mes mains ce ruban...
RAOUL
Mais. . .
JEANNE
Que sais-je !
11 me semblait qu’avec mon ruban sur le cœur.
Tu serais à jamais préservé de malheur!
— Vous savez sijeiusune épouse soumise!
RAOUL
Vous ôtes une enfant... — qui manquez de franchise! Vous avez mal aux nerfs, ce matin il a plu.
Ou bien c’est quelque objet qui vous aura déplu ; Votre femme cfe chambre a cassé quelque chose, Perdu quelque dentelle, et vous êtes morose,
Kt vous en profitez pour user du pouvoir
Que vous avez sur moi, — que vous savez avoir, —
Pour me contraindre à faire une chose mesquine.
Ce ruban vous déplaît, vous froisse, vous chagrine, Parce qu’il vient d’Armande et non de votre main : Voilà tout! — c’est folie, orgueil, respect humain, Caprice, je ne sais, mais je ne puis descendre.
Ayant pu l’accepter, jusques à vous le rendre.
Et demain ou ce soir vous vous repentirez D’une pareille scène ou bien vous en rirez.
Vous ôtes une enfant !
JE.VNNE.
J’en faisais un symbole!
(Atcc prière.)
Cher Raoul!
RAOUL
C’est folie!
JEANNE
Eh bien, soit, je suis folle!
Par grâce! par pitié! RaouJ, je t’aime tant!
(Elle fiit mine it s'egenouiller.)
BÂOULÿ avec tendresse*
Pour Dieu, relevez-vous!
(jeune eisaje de prendre le nibu, Raoul la repousse encore.)
Vous ôtes une enfant!
(Il sort.)