SCÈNE V
RAOUL, ARMANDE, JEANNE , cachée.
ARMÂNDE.
Raoul !
RAOUL
Armandc ! — ici ! — quelle imprudence !
ÂRUANDE.
Certe !
.Mais rien qu’un mot; je pars, mon salut ou ma perte
Est dans ce. mot. J’ai craint , — les malheureux sont fous ! —
Que vous ne vinssiez pas à d’autre rendez-vous;
Et je n’ai pas voulu m’en aller sans vous dire Un dernier mot d’adieu dans un dernier sourire!
RAOUL
Armande !
.VRMANDE , ItTant «on voilo.
Je suis laide aujourd’hui , pauvre ami,
J’ai pleuré, bien pleuré, puis je n’ai pas dormi.
C’est vrai, je vous comprends !... — Écoutez, le temps presse ; Jeanne pourrait rentrer tout à coup.
, , (Atcc amertume. )
La maltresse
Doit se cacher, c’est là son rôle, je le sais.
Pour le monde, pour vous, c’est forcé, je m’en vais!
— Vous m’aimerez toujours? Vous m’aimerez encore V
RAOUL
.Moi? ne plus vous aimer ? Vous savez bien...
ARMANDE
J’ignore
A quoi le désespoir m’eût poussée en ce cas!
(Atee cilinerie.)
Tu n’aimeras jam^ ta femme, n’est-ce pas ?
Tu ne peux pas l’aimer ! — Oh non ! — quelle folie !
Je sais bien qu’elle est jeune, hélas, qu’elle est jolie,
Mais sa beauté n’a rien que d’ordinaire, on sent Que rien ne troublera la fraîcheur de son sang ;
Que jamais passion sincère avec ses fièvres.
N’allumera scs yeux, ne plissera ses lèvres.