ACTE TROISIÈME
Raoul, de la franchise.
(SaouI le regarde d'un air étonné.)
Je l’aime, tu le sais; sois donc franc... — Je précise : Aimes-tu la duchesse?
RAOUL
Armande?
BRUNEI..
Armande !
RAOUL
•Mais...
Je sais tout. Que crains-tu de moi? — Je te promets L’indulgence qui sied aux hommes de mon âge.
Va, c’est un confesseur qu’un médecin, courage 1 Je n’agis pas ici par curiosité.
Le corps guérit quand l’âme est en bonne santé.
Parle donc!
RAOUL
Eh bien, soit, docteur, je me confesse.
— Ce secret qui déjà remonte à ma jeunesse Depuis longtemps me pèse. — Ecoutez-rnoi, je vais Avouer tous mes torts : Je fus lâche et mauvais.
— Quand je vins à Paris, j’étais pauvre... — Mon père Me dit, en m’embrassant : Travaille, mais espère.
En Brunei, je trouvai votre hospitalité
Large et douce. — La force est sœur de la bonté. —
C’est alors que je vis vos pupilles, Armande
Et Jeanne. Jeanne était une enfant presque grande.
Mais voilà tout. Armande avait une beauté
Déjà pleine de force et de réalité.
Je l’aimai. J’oubliai que vous étiez mon hôte ;
Ma raison s’égara, je ne vis pas la faute ;
J’étais aimé, j’aimais...
BRUNEL
Malheureux!
RAOUL
Eh! docteur.
Je ne m’excuse pas, je raconte. — L’honneur M’éclaira, je compris combien j’étais infâme.
Et me jurai qn’Armande un jour serait ma femme. J’allai tout avouer à mon père, à Provins,
Je partis lou d’amour et lorsque je revins Six mois après, joyeux de tenir ma promesse.