LFS VACANCES DU DOCTEUR
Armande voyageait avec le duc. — Duchesse !
— Si je n’en mourus pas ce fut grflce à vos soins; Quoique ignorant mon mal vous l’avez guéri, moin.c A l’aide des secours connus de la science Qu’avec votre tendresse et votre patience;
Où quelqu’autre savant eût sans doute hésité,
Vous eûtes le génie ayant la charité.
Quand je me réveillai de ma longue souffrance.
Sain de corps et d’esprit, mais mort à l’espérance, Comme une aube éclairant ma nuit, il se trouvait Une enfant de seize ans assise à mon chevet:
C’était Jeanne!
Pourquoi l’épousas-tu?
RAOÜI.. '
Peut-être
De mes sensations ne fus-je pas le maître !
Fut-ce reconnaissance, amitié seulement,
Amour? je ne sais ! — Mais ce fut loyalement.
Sans appétit de l’or et certain de lui rendre L’amour le plus profond pour l’amour le plus tendre. Quant à l’ancien amour, sous un linceul d’oubli Je voulus qu’à jamais il fût enseveli,
Et pour en délivrer ma mémoire obsédée Je me fis vaillamment le soldat d’une idée. .
J’avais atteint mon but. A mes travaux lié Comme à la glèbe un serf, j’avais tout oublié.
Quand un jour...
BRUNEI..
Tu devais prévoir cette journée !
RAOUL
Armande à mon foyer vint s’asseoir amenée Par Jeanne, par ma femme !
BRUNEL
Ah ! tu connaissais bien
Leur ancienne amitié!
RAOUL
Je n’en redoutais rien.
Je comptais retrouver Armande... dans le monde... Quelquefois... par hasard! — Ma stupeur fut profonde De la voir s’installer pour toute une saison Sous le toit qu’habitait madame d’Ormaison ;
Mais que poiivais-je dire et que pouvais-je faire?