JEANNE, CLAIRE, ANDRÉ
JEANNE , J André.
André! — l’on a porté ma lettre à son adresse?
ANDRÉ
Oui. — Souffrez-vous toujours?
JEANNE
Non. — Non! *
(a elle-méiDe. ) Quand la duchesse
Aura reçu ma lettre, elle sera bien loin.
Je serai morte, moi ; mais Dieu sera témoin !
(Aux enfanli qui le rapprochent.) ,
Non, je ne souffre pas, je puis encore sourire,
Et si je sens la vie en moi qui se retire.
C’est comme un jour d’été qui petit à petit Diminue et s’efface et se fond dans la nuit!
(Elle fait un signe, André et Claire se groupent autour d'elle.)
Quand vous aurez porté mon deuij...
ANDRÉ
Vous vous épouserez !
Je vous conjure !
JEANNE
CIAIRE.
Taisez-vous!
JEANNE
Je suis sûre
Que vous vous souviendrez dans votre bonheur, vous !
— Vous vous aimerez bien, cela me sera doux.
Quoique absente, qui sait? je vous verrai. — Toi, Claire,
Sois tendre et bonne. — Toi, quoique mari, sois frère!...
Ne vous froissez jamais, prenez-y garde !... — Un rien... - Rien, c’est tout en amour, (a Andîé.) Et l’amour, vois-tu bien. C’est un oiseau peureu,x qu’un murmure effarouche;
Puis, lorsqu’on n'a plus sa chanson dans la bouche.
On désespère, on souffre, on en meurt quelquefois!
— On vient:est-ce Raoul ? (parait Armande.) Ah !— Qu’est-ce que je vois ! Armande! — Laissez-nous. — Allez!