JEANNE, ARMANDE
JEANNE
Dieu me châtie
Puisque je te revois 1... — Je te croyais partie.
ARMANDE
J’étais prête à partir, quand au dernier moment On m’a remis ta lettre. — Oh! cette lettre ment. N’est-ce pas? réponds-moi !
(s'agenouillant.)
Je t’en supplie en grâce !
Tu ne l’as pas tué? c’était une menace !
Ce serait trop affreux, tu n’aurais pas commis Ce crime? tu l’aimais!
JEANNE
Dieu ne l’a pas permis !
ARMANDE, le reloTant aeec joie.
JEANNE
Que Dieu soit béni ! Raoul vit ; mais modère Ta joie. — Entre vous deux j’ai mis une barrière : J’étais là, ce matin, lorsque tu lui disais :
Epouse sans défauts, mais amante, jamais!
Oui, si l'amour au lieu d’agrandir, diminue.
Si perdre tout respect et toute retenue,
' Braver toutes les lois, outrager l’amitié,
Souiller l’honneur du nom qui vous est confié.
Tout cela, c’est aimer; c’est vrai, je le déclare,
Je ne sais pas aimer, c’est un mérite rare Auquel un esprit droit lentement se résoud ;
Je ne sais pas aimer, mais je meurs, voilà tout.
— Regarde-moi ! (Elle le life en trébucbanl.) .
ARMANDE, ic cachant la tJte dans soi nuins.
Mon Dieu!
JEANNE
Regarde!
ARMANDE, bouleeerede.
Toi, toi 1 — Morte 1