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LA FAMILLE DE L'IVROGNE

Mes enfants, i] ÿY a des petites filles et des petits 8arçons bien malheureux :

ce sont les enfants dont le père est ivrogne,.

Ces Pauvres enfants n'ont Pas toujours de quoi manger à leur faim, ni des vêtements Convenables. Ils ont froid en hiver, parce qu'ils n'ont Pas toujours du feu pour se réchauffer, de Chauds habits et de bonnes Chaussures. Is manquent ainsi du nécessaire Parce que leur mère n’a Pas d’argent Our leur procurer toutes les choses dont ils auraient besoin. Leur père est ivrogne et il dépense tout son argent à boire ;: il ne

fants : ou bien s’il s'en occupe, c’est Pour s’emporter Contre eux, les disputer, les battre et les maltraiter. Oui, il y a des enfants de votre âge qui sont bien à plaindre. Ils pleurent Souvent, et leur maman aussi pleure Souvent, Elle souffre beaucoup et son mari Jui rend la vie bien dûre.

Ah ! mes enfants, si vous Saviez comme la boisson Cause beaucoup de mi-

sère dans les familles. Quand un père est ivrogne, sa femme et ses petits enfants sont des martyrs.

I y a de ces pères dénaturés qui vont jusqu’à vendre les hardes et les chaussu" de leurs enfants pour boire : méme 1!s volent le pain qui reste à la maison pour s'acheter du whisky, et leurs enfants n'ont rien à manger.

La gazette que votre père reçoit parle souvent de la misère de ces familles où le père est ivrogne.

L'autre jour, le journal racontait une visite faite à l'une de ces pauvres familles. Je vais vous rapporter cette visite.

Dans un misérable hangar, percé de deux petites fenêtres aux vitres poussiéreuses, on trouve une femme et ses huit enfants s’abritant tant bien que mal contre la pluie, le vent, la neige et le froid. Cette vieille construction pouvait avoir une douzaine de pieds de long sur six ou sept de large. Elle servait autrefois de chambre pour y serrer les harnais. C’est dire que l’on chercherait là en vain quelque confort.

C'était un pêle-mêle de vieux habits,

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de loques Servant de couvertures. Dans un coin, un misérable sofa servant de lit. Dans Un autre coin un amas de linge où couchait la famille.

En entrant dans ce réduit une odeur fétide prenait à la gorge et donnait des

bande d’enfants sales et barbouillés, la plupart pieds-nus, entouraient le Poêle. Une toux Tauque se faisait en-

serait le meilleur homme du monde, et je n’en serais Pas réduite à l’état mi-

sérable où vous me voyez. Mes parents sont à l’aise et je ne voudrais pour rien au monde les affiger par le spectacle de ma misère. Nous sommes ici depuis samedi ; mais nous en repartirons bientôt, j'espère. J'ose espérer que la Providence aura pitié de nous, et me fera la grâce de laisser ce séjour de misère ».

Oh ! mes enfants, je souhaite que la maison de vos parents ne ressemble jamais à celle que nous venons de visiter, et que jamais non pius vous ne connaïssiez une aussi noire misère.

Vous devez remercier le Bon Dieu de vous avoir donné de bons parents, un père qui ne boit pas. Vous devez aussi avoir dans votre cœur beaucoup de compassion pour les malheureux enfants qui ont un père ivrogne. Ils sont bien à plaindre. Ne les méprisez pas, car ils souffrent et ils pleurent tant !

Soyez bons pour eux.

P. HuGoLin, O. F. M.

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