‹ Les vacances du jeune tempérantChapitre 10 sur 39 · L'APOSTOLAT DE LA SOUFFRANCE · texte numérisé non relu

L'APOSTOLAT DE LA SOUFFRANCE

Voici un trait sublime qui prouve la puissance de « l'apostolat de la souffrance ».

Un jour, dans une instruction familière, un prêtre dit ces paroles :

« Voulez- vous convertir une famille ?

Amenez au milieu d'elle une âme qui sache « souffrir » ! Voulez- vous le retour à Dieu d'une âme qui vous est chère ? « Souffrez pour elle » !

Ces paroles furent entendues par un enfant du peuple qui venait de faire sa

première communion. Comment putelle les comprendre ? C'est le secret de Dieu.

La pauvre petite avait vu souvent pleurer sa mère, et elle rougissait de honte quand le soir, son père rentrait ivre par r alcool.

Le jour où lui fut révélée la force de la souffrance, elle embrassa sa mère avec trendresse, et lui dit :

« — Maman, soyez contente : bientôt papa ne vous fera plus pleurer » !

Le lendemain, au repas de midi, le seul qui réunissait la famille, l'enfant accepta le potage, un morceau de pain, et elle refusa le reste.

« — Tu es malade ? dit la mère étonnée.

— Non, maman !

— Mange donc, dit le père.

— Pas aujourd'hui » !

On crut à un caprice de l'enfant, et on voulut la punir en la laissant à sa bouderie.

Le soir, le père revint ivre comme tous les jours ; l'enfant, qui était couchée et qui ne dormait point, l'entendit blasphémer, et elle se mit à pleurer.

C'est la première fois que le blasphème lui arrachait des larmes. •

Le lendemain, elle refusa, pendant le dîner, tout autre nourriture que du pain et de l'eau.

La mère s'inquiète ; le père se fâche :

« — Je veux que tu manges, dit-il avec colère.

— Non ! répond F enfant avec fermeté ; non tant que vous vous enivrerez, que vous ferez pleurer maman et que vous blasphémerez, je l'ai promis à Dieu, « je veux souffrir pour qu'il ne vous punisse pas » !

Le père baissa la tête ; le soir, il rentra calme, doux, sans ivresse, et la petite fut charmante de gaieté, d'entrain et d'appétit.

Mais l'habitude entraîna encore le père. Le jeûne de l'enfant recommença. Cette fois le père n'osa rien dire ; seulement il se prit à pleurer et cessa de manger ; la mère, elle aussi, pleurait ; seule l'enfant restait calme. Alors le père se levant et pressant sa fille dans ses bras.

« — Pauvre martyre ! tu ferais ainsi toujours ?

— Oui, papa, jusqu'à ce que je sois morte ou que vous soyez converti !

— Ma fille, je ne ferai plus pleurer ta mère » !

Et le père tint parole.

DECALOGUE DES TEMPERANTS

1 Point de liqueurs tu ne boiras, Pour t' enivrer honteusement.

2 Et toujours tu t'en abstiendras Si tu veux vivre longuement.

3 Si l'on t'en offre, tu diras :

Merci, car je suis tempérant.

4 S'il t'en fallait, tu la prendras, Comme remède seulement.

5 Dans les auberges tu n'iras, Que s'il le faut absolument.

6 Jamais tu n'autoriseras Leur funeste établissement.

7 Ou plutôt tu les combattras Tant que tu peux légalement.

8 Les ivrognes tu sauveras, Pour Dieu, de leur égarement.

9 La tempérance tu prêcheras, Par ton exemple constamment.

10 Ce faisant, tu mériteras

D'être heureux éternellement.

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