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POURQUOI JE SERAI TEMPERANT

En 1910, la revue « La Tempérance »

organisa un concours pour les enfants des écoles primaires de notre pays.

Les élèves devaient répondre à cette question : Pourquoi je serai toujours tempérant. Plus d'un millier de réponses furent envoyées, qui forment un vaste répertoire, où tous les arguments, en faveur d'une vie sobre sont invoqués, et souvent de la façon la plus touchante. Voici, chers enfants, pris au hasard quelques passages de ces réponses.

Un enfant écrit :

« Je serai toujours tempérant pour obéir au quatrième commandement :

Père et mère tu honoreras, afin de vivre longuement. L'enfant doit rendre à ses parents devenus vieux les soins qu'il en a reçus lui-même. A cette mère qui a tant veillé sur les premières années de son enfant, qui a tant souffert, aimé et pleuré, à cette mère il ne faut pas un fils ivrogne pour prendre soin d'elle.

Il y a déjà assez, ô ma mère, de rides sur ton front, causées par les soucis et les

inquiétudes que je t'ai donnés... Va, ma mère, tu n'auras pas élevé un ivrogne, ton fils sera sobre, il ne fera pas pleurer tes yeux, qui jusqu'à présent m'ont suivi pas à pas pour me protéger ». N'est-ce pas bien touchant ?

Un autre enfant :

« Je veux rester tempérant ; je ne veux pas imiter mon père qui nous a abandonnés, ce père que j'aime quand même, et dont je désire le retour à la vertu de tempérance. Je veux être tempérant, afin de goûter le bonheur, la paix et la joie qui régnent chez les familles sobres. Je ne fais que commencer à comprendre, mais je l'avoue, il n'y a pas de véritable bonheur dans les familles où tous les membres ne sont pas tempérants. C'est ce que j'éprouve déjà. C'est avec toute la ferveur d'un préparant à sa première communion que je m'agenouille matin et soir devant notre croix de tempérance et que je demande à Dieu la conversion de mon père chéri et intempérant ».

Un autre petit tempérant, après avoir donné ses motifs pour être sobre, ajoute : « J'insisterai pour que mes autres

petits frères prennent aussi la tempérance à leur première communion, pour être avec moi un petit soldat de Jésus- Christ » ! Vaillant petit apôtre, Dieu te récompensera !

Voulez-vous connaître la réponse d'un enfant de 7 ans ? Lisez : « Moi, je veux être tempérant pour gagner le paradis et pour être heureux dans le ciel, et pour montrer le bon exemple, et pour avoir la croix de tempérance aussitôt que je serai assez grand, car je n'ai que sept ans. Je demande toujours à papa qu'il se mette de la tempérance pour apporter la belle croix à la maison... J'ai hâte d'être grand comme papa pour aller chercher la croix, pour faire plaisir au petit Jésus et à maman, elle qui pleure souvent à cause de papa. Je vous demande de prier pour que la croix entre dans la maison »...

Un autre enfant du même âge :

« Je veux être tempérant parce que l'ivrognerie est un vice qui met l'homme au rang de la bête, et puis, comme bébé écrevisse de la fable qui marchait à reculons pour marcher comme sa mère, je veux être tempérant pour faire

comme mes parents : mon père, ma mère, mes grand' parents, mes oncles, toute ma famille est tempérante, est-ce que je voudrais marcher autrement » ?

Une fillette fait de l'ironie sur le compte des dames qui aiment le petit coup :

« Si madame a chaud, elle prend un petit coup pour se rafraîchir ; si elle a froid, elle prend un petit verre pour se réchauffer ; elle doit faire une vente, elle en prend encore un pour se donner de la façon ; si elle n'a pas d'appétit, elle en prend encore, si elle a mal à la tête, il lui en faut beaucoup, si elle a mal partout, elle en prend sans relâche.

Le whisky guérit de tous maux ! Cela ressemble à un docteur qui vendrait une pilule qui guérit de tous maux ; je ne le croirais pas, eh bien ! je n'ai pas plus confiance au whisky qu'à la pilule.

C'est pourquoi j'ai toujours été et serai toujours tempérante.

» Toujours comme maintenant » Je veux rester tempérante.

» Je veux dire à ceux que j'aime :

» Aujourd'hui faites de même, » Et, comme moi, faible enfant, » Vous serez plus fort qu'avant ».

Sans nul doute, chers enfants, ces sentiments de vos petits camarades sont les vôtres, et que vous aussi vous voulez rester toujours tempérants pour les mêmes motifs. Que le Bon Dieu bénisse vos résolutions, qu'il les fortifie toujours plus à mesure que vous grandirez et que les occasions et les dangers deviendront plus graves et plus nombreux sur votre chemin !

P. Hugolin, O. F. M.

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