‹ Les vacances du jeune tempérantChapitre 24 sur 39 · LE SERMON DU PETIT PIERRE · texte numérisé non relu

LE SERMON DU PETIT PIERRE

Il y a dans la paroisse une grande retraite de tempérance. Les papas, les mamans, les grands frères et les grandes

sœurs, les petits enfants aussi — tout le monde la suit avec avidité, à la grande édification du missionnaire. Le père de petit Pierre lui-même assiste aux exercices ; il entend les sermons, et cependant il ne veut pas renoncer à la boisson et prendre la croix de tempérance. Il Ta déclaré à sa femme en présence des enfants, et la pauvre mère en a été bien affligée : « Priez bien fort pour votre père, leur a-t-elle dit », et chaque soir elle leur fait joindre les mains et prier pour lui. C'est que la conduite du père rend les siens bien malheureux. Il boit et s'enivre fréquemment, et il rentre alors à la maison pour faire du tapage et dire des insanités, jusqu'à ce qu'il se couche et s'endorme du lourd sommeil de l'ivresse.

La pauvre épouse est bien malheureuse, et les enfants pleurent bien souvent en voyant pleurer leur mère, sans trop comprendre pourquoi, sauf l'aîné, petit Pierre, qui se rend très bien compte de la mauvaise conduite de son père.

Il est très intelligent, le petit Pierre ; à l'école il est un des premiers de sa classe ; avec ça il est pieux comme un

ange. Plus heureux que ses frères et sa petite sœur, encore trop jeunes, il suit la retraite ; il comprend les sermons et il les retient. Or ne voilà-t-il pas qu'il s'est mis dans la tête de prêcher lui aussi à ses petits frères qui ne vont

pas à l'église ? C'est à l'issue d'un sermon du missionnaire contre les ivrognes. Ce sermon a fait une particulière impression sur notre petit ami ; il voit si souvent son père en boisson !

Au retour de l'église donc, il réunit

dans une chambre de la maison toute la petite marmaille. — et jusqu'au bébé, qui se fait bien sage pour la circonstance. Et là, ayant revêtu sa soutane et endossé son surplis d'enfant de chœur, juché sur une boîte, une croix en main, il prêche à son auditoire attentif et émerveillé. Il y met de la vie, de l'action... Il est orateur le petit Pierre ! Écoutez :

« Mes bien chers frères... et ma petite sœur... les ivrognes ils sont des mé-

2°**> is **;

Où mène l'alcool !

chants. Ils gaspillent leur argent, et puis ils font pleurer leur femme et leurs enfants... La boisson, c'est une invention du diable. Ça fait mourir ceux qui en boivent. Et puis, quand on commence à boire, on sait pas quand on s'arrêtera ; on veut pas devenir un ivrogne et puis ruiner sa santé, eh bien ! on devient ivrogne et puis on ruine sa

santé sans le savoir et sans le vouloir... Si vous vous mettiez à boire, à quinze ans, à vingt ans vous ne seriez plus reconnaissables, et puis à vingt-cinq ans vous seriez peut-être morts... Et puis vous irez en enfer »...

L'auditoire trembla devant cette perspective terrifiante... et pour ne pas s'exposer à un si funeste sort, chacun s'avança vers la tribnne du missionnaire et baisant la croix s'engagea à ne jamais devenir un ivrogne...

Or le petit Pierre avait eu, sans qu'il s'en doutât, un auditeur très attentif caché derrière la porte entre-baillée.

Son père, oui, son père, avait assisté au sermon et il entendit ses enfants promettre de ne jamais prendre de boisson.

Cette scène l'émut profondément, et il sentit un sanglot l'étreindre à la gorge. Il se retira sur la pointe des pieds. Mais le lendemain, qui était le jour de la clôture de la retraite, il dit à sa femme, devant les enfants : « J'ai entendu hier un sermon qui m'a converti. Désormais je ne prendrai plus de boisson ; j'en fais la promesse, et ce soir je prendrai la croix de tempérance»... Cha-

cun pensa naturellement que c'était le sermon du missionnaire qui avait opéré cette merveille ; mais l'heureux père prenant le petit Pierre dans ses bras, l'embrassa en pleurant : « Voilà, dit-il, le prédicateur dont Dieu s'est servi pour me convertir ».

P. Hugolin, O. F. M.

Victoire ! papa ne boit plus.

un Ira- u*d U metnt eu é- ejnt

Ah ! vous dirai-je, maman Pourquoi je suis tempérant ?

J'ai vu qu'après leurs rasades Les buveurs étaient malades, Et je m'suis dit qu'en buvant On se port'plus mal qu'avant.

Ah ! vous dirai-je, maman Pourquoi je suis tempérant ?

J'ai vu l'ivrogne en colère Battre sa femme et sa mère, Et je m'suis dit qu'en buvant On d' vient plus méchant qu'avant.

Ah I vous dirai-je, maman Pourquoi je suis tempérant ?

J'ai vu que lorsqu'on se grise, On fait plus d'une sottise Et je m'suis dit qu'en buvant On devient plus sot qu'avant.

Ah ! vous dirai-je, maman Pourquoi je suis tempérant ?

J'ai vu que de la quinzaine, Restaient quelques sous à peine, Et je m'suis dit qu'en buvant On d'vient plus pauvre qu'avant.

Toujours comme maintenant

Je veux rester tempérant.

Je veux dire à ceux que j'aime :

Aujourd'hui faites de même, Et comme moi faible enfant Vous serez plus forts qu'avant.

L'OUVRIER ETLECABARETIER

Imité de Lafontaine

Un ouvrier, tout frais endimanché,

Venait de tirer sa quinzaine.

Un buvetier, par l'argent alléché,

Voulant profiter de l'aubaine,

Lui dit : « Mon brave travailleur, • Entrez donc un moment vous réjouir le cœur 1

• Six jours, au travail il faut être,

» Mais le dimanche, on est son maître ! » On s'amuse et l'on rit comme un vrai bienheureux • ! A ces mots, l'ouvrier sourit et se redresse ;

Il entre et fait le généreux.

Quand il eut dépensé tout son gain dans l'ivresse, L'hôte le chasse et dit : « Grand benêt d'ouvrier,

1 Apprends que tout cabaretier

» Vit aux dépens du buveur qui l'écoute : » Cette leçon vaut bien ta quinzaine, sans doute ».

L'ouvrier, honteux et confus, Jura, mais ua peu tara, qu'on ne l'y prendrait plus.

(Semaine paroissiale de Batz)

PROBLEMES

1 Tous les matins, un ouvrier, en se rendant à F ouvrage, s'arrête au cabaret pour y boire un verre de whisky, qui

lui coûte $0.05. Deux fois par semaine il paie la traite à un ami, ce qui fait, pour chaque fois, une dépense de $0.10, au lieu de $0.05. Naturellement, cet ouvrier ne va pas travailler le dimanche ni les fêtes d'obligation. On demande quel capital à 4% représente la dépense inutile de cet ouvrier par an ?

2 Un jeune homme, commis à la ville reçoit un traitement de $600.00. Son logement et sa pension lui coûtent $4.50 par semaine. Il dépense en moyenne par semaine, en coups d'appétit, en traites, en coups de gourmandise, $1.50.

En outre, comme à la ville il y a une foule d'occasions de gaspiller son argent, ce commis dépense pour son entretien, et ses amusements $150.00.

Enfin, il fait 5 fois par an, dans sa famille, un voyage qui lui coûte $4.80.

Son frère, qui est sur une terre à la campagne, gagne $1.50 par jour en moyenne ; son logement ne lui coûte rien, et sa pension lui coûte $10.00 par mois. Son entretien lui revient à $60.00 par an. Mais pour celui-ci il y a, outre les dimanches, 20 jours de chômage dans l'année. On demande :

1° Quelle somme chacun des deux frères "possède au bout de l'année;

20 Quelle somme chacun des deux aura, au bout de dix ans, à intérêts simples à 3% ; a ; %

30 A intérêts composes a 4% ;

40 Est-il plus avantageux de rester à la campagne que d'aller travailler à la ville ?

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MAXIMES

es paresseux et les ivrognes sont # le jouet de leurs passions et courent à la ruine.

La boisson enrichit ceux qui la vendent, et appauvrit ceux qui la boivent.

L'intempérance est mère de la pauvreté.

Il faut manger et boire pour vivre, et non vivre pour boire et manger.

Qui vit content de peu possède toute chose.

La sobriété enrichit et rend heureux.

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