LES DEUX VOIES
Cher enfant,
Deux voies sont ouvertes devant vous, dans lesquelles, une fois engagé, vous marcherez toute votre vie ; une voie qui conduit à l'aisance, à l'honneur, à la santé, à la joie, à la vertu, au bonheur, au ciel ; l'autre voie qui mène droit à la pauvreté, à la honte, à la ruine du corps, à la misère, au vice, au malheur, à l'enfer.
Quels sont donc ces deux chemins si opposés qui conduisent à des issues si différentes ? L'un est la tempérance et la sobriété, l'autre est l'intempérance et l'alcoolisme. Oui ! Regardez autour de vous, et vous comprendrez comme la sobriété produit le bonheur, et comme le vice contraire n'engendre que misères et malheurs.
Votre choix n'est pas douteux, vous voulez être honnête et heureux, et vous vous dites que pour l'être vous prendrez le chemin de la tempérance.
Très bien, enfant ! Mais à quel âge commencerez-vous à être tempérant ?
à quel âge entrerez-vous résolument dans la voie de la tempérance, dont l'issue est l'honneur et le bonheur ?
A trente ans, à vingt ans ?
Ce serait trop tard, enfant.
A 30 ans, la vie est à moitié parcourue, et ce qui en reste à parcourir devient la récompense ou le châtiment de la période qui a précédé : c'en estla conséquence heureuse ou malheureuse. L'homme qui à 30 ans n'a pas été jusque là un tempérant, ne le deviendra que bien difficilement ; engagé dans la voie de l'intempérance, il poursuivra cette voie jusqu'au bout, vers tous les malheurs et toutes les ruines du corps, de l'âme, de la fortune et de la santé.
A vingt ans direz-vous ?
Trop tard, trop tard encore, enfant.
A 20 ans, le jeune homme qui déjà n'est pas un tempérant, court grand risque de devenir un ivrogne ou un alcoolique ; mille occasions l'y poussent : les amis, le plaisir, la légèreté et l'insouciance, le manque de surveillance, etc. A 20 ans, il est trop tard pour commencer à être tempérant, c'est au
contraire l'âge où la plupart commencent à boire et à se préparer un avenir de buveur et d'ivrogne.
A quel âge donc, enfant, commencerez-vous à marcher dans la voie de la tempérance ? Dès à présent, aujourd'hui même ! L'Écriture sainte nous avertit que l'homme suivra toute sa vie la voie de son enfance. C'est à votre âge que se contractent les habitudes bonnes ou mauvaises qui feront le bonheur ou le malheur de toute la vie.
Vous jurez aujourd'hui haine à la boisson, votre haine se fortifiera avec les années, et vous arriverez à vingt ans, à trente ans, fort contre les séductions de l'intempérance.
Si au contraire vous ne commencez pas dès aujourd'hui à affermir votre âme dans la sobriété, à la fortifier par de sincères résolutions de ne jamais prendre de boisson, à 20 ans, à 30 ans, vous n'aurez peut-être plus le courage de prendre ces résolutions ; vous n'y songerez même pas, parce que votre vie et votre conduite n'auront pas jusquelà été inclinées vers la tempérance.
Ah ! cher enfant, si vous saviez
quelle vie malheureuse est celle du pauvre buveur ? avec quelle énergie vous prometteriez maintenant de ne jamais vous exposer à devenir une victime de l'alcool !
Si vous compreniez combien il est nécessaire, pour ne pas vous exposer à devenir une victime de l'intempérance, de promettre dès aujourd'hui de ne jamais tremper vos lèvres dans la boisson, avec quel empressement et de quel cœur vous prendriez cet engagement !
Vous le prendrez, cet engagement.
Le bon Dieu, la Sainte Vierge, la Patrie, votre famille, votre bonne mère vous le demandent pour eux et pour vous.
Dites donc du fond du cœur :
Je le veux, j'en fais la promesse ; jamais je ne toucherai à la boisson.
Je fuirai les buveurs et les endroits où l'on est exposé à boire et à contracter de mauvaises habitudes. Je refuserai la boisson que l'on m'offrira. Sobre, honnête et fier je serai toute ma vie !
Sainte Vierge Marie, Saint- Jean Baptiste, recevez ma promesse, aidez-moi à y demeurer fidèle toute ma vie !
Jésus, abreuvé de fiel et de vinaigre, ayez pitié de moi ! !