TABLEAU C
TOTAL
Nombre \ de
personnes 1 traitées (
Nombre \ de , personnes J traitées 1
Mortalité '
Nombre . de personnes traitées |
Mortalilé
Nombre de
personnes trailées "
| Morls
Année 1886 .
Année 1887 .
Année 1888 .
Année 1889 .
Totaux . .
Dans le calcul de la mortalité indiquée dans ce tableau, on a compté seulement les personnes qui ont été prises de rage plus de 15 jours après le dernier jour du traitement. Nous devons penser, en effet, que chez les personnes qui manifestent des symptômes de rage dans les 15 jours qui suivent la vaccination, le virus avait commencé son développement pendant le traitement, caries animaux inoculés de la rage sous la dure-mère, après trépanation, mettent 15 jours environ à prendre la rage. D'ailleurs, nous indiquons ultérieurement les résultats obtenus en comptant dans la mortalité toutes les personnes prises do rage après la lin du traitement.
A l'inspection du tableau ci-dessus, quelques observations se" présentent naturellement à l'esprit :
Ie La proportion des morts, après traitement, est très faible (53 pour 7,893 personnes traitées, c'est-à-dire 0,67 0/0);
2° La mortalité diminue d'année en année. Elle est en effet de :
0,94 en 1886 0,73 en 1887 0,55 en 1888 - 0,33 en 1889
et cette diminution est continue. Elle est due à une plus sûre appréciation de la gravité des morsures, et à une meilleure application du traitement.
Au début, il était difficile de savoir à quelle formule de traitement il convenait de s'arrêter dans chaque cas particulier; en consultant la description des morsures chez les personnes mortes de la rage malgré les inoculations, nous sommes arrivés
ft ANNALES DE L'INSTITUT PASTEUR.
à déterminer d'une façon plus précise, d'après la gravité des lésions, le traitement le plus convenable pour chaque cas.
Dans le cas de blessures graves, on injecte de plus grandes quantités d'émulsion de moelle, et on répète Jes inoculations des moelles fortes.
Pour les morsures à la tête, qui sont particulièrement dangereuses, quel que soit d'ailleurs leur peu de gravité apparente, le traitement est plus rapide et surtout plus intensif, c'est-à-dire que les moelles virulentes sont injectées à plusieurs reprises. En résumé, la méthode est appliquée d'une façon spéciale dans chaque cas particulier : on traite le malade suivant la gravité de ses morsures ; et les résultats prouvent que d'année en année le traitement est fait avec plus de sûreté.
3° Le nombre des personnes traitées pendant les trois dernières années est de 5,222, parmi lesquelles 802, c'est-à-dire 15 0/0, sont classées dans le tableau G.
Pour ces 802 personnes, la rage de l'animal n'a pu être constatée par un médecin ou un vétérinaire; mais si Ton se reporte aux renseignements fournis par les intéressés et aux circonstances de la morsure, il est facile de se convaincre que, dans les 2/3 des cas au minimum, l'animal mordeur était atteint de rage. Par conséquent, on peut affirmer qu'en somme, 95 0/0 des personnes traitées étaient mordues par des chiens réellement enragés.
L'efficacité du traitement antirabique ressort surtout de Pexamen des résultats des tableaux A et B, qui comprennent les personnes mordues par un animal reconnu enragé expérimentalement ou par examen vétérinaire :
Traités.
Morts.
Mortalité %
Année 4886 . . .
Totaux ....
46 Moyenne 0,70
Ces résultats ne diffèrent pas de ceux que nous avons indiqués précédemment. Il était cependant utile de faire remarquer que la plupart des personnes inscrites dans le tableau G sont mordues par des chiens atteints de rage.
D'ailleurs, en consultant les renseignements que nous avons
donnés plus haut, nous voyons que la mortalité pour le tableau G est de 0,51 0/0; ce chiffre est environ les 8/3 de 0,67, qui représente la mortalité générale.
4° Pour ne laisser place à aucune critique,, nous indiquons ci-après les résultats obtenus, en faisant entrer dans le compte de la mortalité toutes les personnes prises de rag-e après la fin du traitement, même celles chez qui la maladie s'est déclarée le lendemain ou le surlendemain de la dernière inoculation1.