TABLEAU
TOTAL
Personnes traitées j
Mortalité 1
Personnes traitée? |
Mortalité !
Personnes traitées j
1° Tète et visage- . .
2» Mains
3° Membres et tronc.
A l'inspection de ce tableau, on remarque d'abord que les morsures aux mains sont les plus fréquentes : 4,387 sur 7,893, soit 56 0/0.
Ce fait s'explique assez facilement: un individu mordu par un chien cherche à se défendre et, dans la lutte, les mains sont le plus souvent atteintes.
Viennent ensuite les morsures aux membres, dans la proportion de 2,834 sur 7,893, soit 36 0/0; et les morsures à la têteetau visage, au nombre de 672 sur 7,893, soit 8 0/0.
2° Le degré de gravité relative des morsures se montre d'une façon très nette par la comparaison des tableaux précédents.
Pour les tableaux A etB, la mortalité générale est :
lo A la tête. • 2,36 %
2° Aux mains 0,69 %
3° Aux membres et au U'unc 0,27 %
On savait déjà que les morsures à la tête avaient une gravité exceptionnelle. Ces résultats en sontune démonslration évidente;
LES VACCINATIONS ANTIRABIQUES. 41 aussi le traitement, qui dure en général une quinzaine de jours, a été porté par M. Pasteur, dans le cas de morsures à la tête, à 20 jours environ.
Cette gravité est due à ce que le virus rabique n'a qu'un court trajet à parcourir pour aller de la tête ou de la face au cerveau et à la portion supérieure de la moelle.
Presque toujours les malades qui sont pris de rage pendant le traitement sont des personnes mordues à la tête; et si l'on compare la nature des morsures qui amènent la rage dans les 15 jours après le traitement, on arrive aux résultats suivants :
12 personnes sur 684 (soit 1,75 %) étaient mordues à la tête. 9 — 4,396 — 0,20 — — aux mains.
5 — 2,839 — 0,47 — — aux membres.
On voit donc que les morsures à la tête, graves déjà par ellesmêmes, le sont encore davantage par suite du rapide développement de la rage qui en résulte. Il est donc très prudent de traiter les personnes mordues à la tête aussi tôt que possible après la morsure.
Il faut donner l'immunité avant que le virus déposé dans les morsures ait atteint les centres nerveux et, pour ainsi dire, lutter de vitesse avec lui.
Les morsures aux mains sont également plus dangereuses que les morsures aux membres et au tronc. La mortalité pour les premières est de 0,69 0/0; elle est de 0,27 pour les secondes. Cela tient évidemment à ce que les mains sont en général nues et que la dent du chien n'est pas essuyée par les vêtements. Pour toutes les personnes traitées, mordues aux membres ou au tronc, les habits avaient été déchirés ou traversés ; mais on conçoit bien que la dent de l'animal mordeur est essuyée par les vêtements etque, malgré la déchirure de ceux-ci, la gravité de la blessure est diminuée.
Lorsqu'une personne mordue se présente aux inoculations, on inscrit à son dossier la nature de la cautérisation qu'elle a subie et le temps écoulé entre la morsure et le moment où elle a été cautérisée.
Nous avons fait un relevé pour 2,000 cas sucessifs (du 18 octobre 1888 au 31 décembre 1889).
Dans ce nombre, 892 personnes n'ont pas été cautérisées. Pour les autres, les traitements ont été les suivants :
Fer rouge ou thermocautère 334
Ammoniaque 225
Nitrate d'argent 190
Acides forts 30
lleurre d'antimoine 8
Phénol concentré 31
Eau phéniquée 60
Eau-de-vie et alcool camphré . . . „ . . 80
Arnica 46
Vinaigre 26
Eau sédative ' 44
Substances diverses (teinture d'iode, eau sajje, eau blanche, vin aromatique, essence de térébenthine,
pétrole, etc.) 64
Sur ces 2,000 personnes.il y a eu 17 cas de morts pendant le traitement ou dans la période qui a suivi. Ce sont :