APRÈS LA FIN DU TRAITEMENT
Mayland
tète
fer rougi1 S h. ap. mors0
13 décembre 4888
peint1 le trait1
Allègre
mains
thermocautère 5 b. après
25 décembre 1888
Arènes
tête
non cautérisé
26 janvier 1889
Coudurier
tôle
eau phéniquée 4 h. après
9 juin 1889
loj.
Yorke
tête
non cautérisé
5 août 1889
Mile Druaux
tète
arnica 5 minutes après
7 janvier 1889
42 jours
Me Maillot
jambe
alcali 14 h. après
27 avril 1889
13 jours
Waleley
main
pierre infern. 4/2 h. après
3 mai 1889
6 jours
Sottiaux
main
alcali 1 h. après
5 juillet 1889
18 jours •
Dufour
mains
eau sédative aussitôt
23 décembre 1888
28 jours
Ray
tête
alcool camphré 6 h.après
13 décembre 4 888
57 jours
Gilbert
main
eau-de-vie aussitôt
48 juin 4889
20 jours
Trottel
mollet
eau phén. 3/4 d'il, après
23 mai 4889
33 jours
Auroux
tète
thermocautère 1 h. après
6 juillet 4889
18 jours
Manuel José
tète
non cautérisé
30 juin 1889
24 jours
Rascol
jambe
alcali 36 h. après
28 février 4889
20 jours
M"e Tnveau
mollet
arnica aussitôt
22 novembre 1889
54 jours
LES VACCINATIONS ANTIRABIQUES. 13 3 personnes sur 334 sont donc mortes de rage, malgré lacau-
térisation au fer rouge ou au thermocautère. Cela donne une
proportion de 0,90 0/0.
Ce chiffre diffère peu de la mortalité totale : 17 sur 2,000,
ou 0,85 0/0. ' .
Nous ne devons cependant pas en conclure que la cautérisation au fer rouge n'est pas efficace.
Des trois personnes ayant subi le traitement au fer rouge, deux étaient mordues à la tête : leurs blessures étaient particulièrement graves; parmi les 14 autres, au contraire, il n'y avait que 6 morsures à la tête.
De plus cette cautérisation est souvent tardive et, par conséquent, illusoire.
1 04 personnes seulement ont été cautérisées dans la première
heure qui suivait la morsure.
38 l'ont été de 1 à 2 heures après.
114 de 2 à 24 heures.
78 plus de 24 heures après la morsure.
Nous pouvons cependant citer 3 cas dans lesquels la cautérisation au fer rouge, faite rapidement et fortement, n'a pas suffi à arrêter le développement du virus rabique.
Nous trouvons déjà dans le tableau ci-dessus Auroux, qui a pris la rage malgré une forte cautérisation au thermocautère, une heure après la morsure.
L'enfant Palau, mordue le 1er septembre 1887 à la joue, avait également été fortement cautérisée au fer rouge 30 à 40 minutes après l'accident. Les premiers symptômes de la maladie se manifestèrent chez elle le 7 octobre.
Enfin, le 22 mai 1887, se présentait aux inoculations un nommé Declide, mordu légèrement au mollet l'avant-veille. La blessure avait été sérieusement cautérisée au thermocautère par un médecin, un quart d'heure seulement après; malgré cette cautérisation qui devait paraître efficace et malgré le traitement à l'Institut Pasteur, Declide fut atteint de la rage le 18 juillet. Les premiers signes de la maladie furent des douleurs et de la paralysie du membre mordu.
La cautérisation au fer rouge, même rapidement faite, ne présente donc pas une sécurité absolue.
La rage est-elle également répandue partout, où est-elle localisée en certains points du territoire? Comment se propage-t-elle et serait-il possible de l'arrêter dans les régions où l'on en constate une plus grande fréquence ?
Malgré l'obligation de la déclaration des cas de rage, nous ne connaissons pas le nombre exact des animaux enragés, Il est cependant assez naturel de penser que le nombre des personnes traitées à l'Institut Pasteur est proportionnel au nombre des cas de rage existant chez les chiens, dans la région habitée par ces personnes. Nous ne ferons entrer en compte que les personnes françaises. La découverte de lavaccination antirabique est connue en France dans tous les départements, et, par les soins de l'administration, la très grande majorité des personnes mordues par des animaux enragés se présente à l'Institut Pasteur.
Il serait illusoire de chercher à faire la même comparaison entre les nations étrangères : depuis la découverte de la vaccination antirabique, on a fondé à l'étranger de nombreux laboraratoires dans lesquels la même méthode est appliquée. En Russie, par exemple, il y a 7 instituts ; il y en a 5 en Italie ; l'Espagne en a un à Barcelone. La Russie, l'Italie et l'Espagne n'envoient donc presque plus de malades à Paris; c'est ainsi qu'en 1889 il ne s'est présenté que 2 Russes, 5 Italiens et 19 Espagnols. Par contre, l'Angleterre, la Belgique,le Portugal etla Grèce, qui n'ont pas d'institut antirabique, envoient chaque année un nombre de plus en plus considérable de personnes mordues, et forment en grande partie le contingent des étrangers actuellement traités.
Il est donc impossible de donner des statistiques comparatives pour la distribution de la rage chez les nations étrangères ; nous indiquons ci-dessous, par nationalités, sans aucun détail et à titre de renseignement, le nombre des personnes traitées depuis le commencement des vaccinations, c'est-à-dire depuis la fin de l'année 188").
Allemagne
Angleterre 308
Autriche-Hongrie. .• 84
Belgique 230
Brésil 10
Egypte °
Espagne — °
États-Unis 28
Grèce. | . 43
Hollande 28
Italie * 155
Indes Anglaises 7
Maroc I
Portugal 116
Roumanie SI
Russie 188
Serbie I
Suisse 13
Syrie 2
Turquie . . . . * 12
Pour l'ensemble de ces personnes traitées, les résultats ont été les suivants :
Année 1886.
Année 1887.
Année 1888.
Année 1889.
Totaux . .
Ainsi que l'indique le tableau précédent, la mortalité pour les étrangers traités en 1886 et 1887 était plus élevée que pour les Français. Actuellement elle est la même. Cela tient à ce que la plupart des étrangers vaccinés dans ces derniers temps sont des Anglais et des Belges qui arrivent à Paris aussi rapidement que les mordus du midi de la France.
Yoici, par départements, le nombre des personnes qui se sont présentées à l'Institut Pasteur pendant les 3 dernières années.