DES CORNES
Tous les auteurs qui se sont occupés de cette question, et en particulier Lecoq, ont considéré que les sillons tracés dans la corne par une poussée plus accentuée à certaines époques de l'année sont peu marqués jusqu'à l'expiration de la troisième année, et que ces sillons peuvent même disparaître. La vérité est qu'il faut un examen bien attentif pour les distinguer ; mais cependant ils existent.
L'accroissement de la corne est en effet fonction de l'alimentation. Or, pendant la saison d'été, les animaux étant mieux alimentés que pendant l'hiver, il en résulte une plus grande vigueur dans la pousse de la corne, vigueur qui s'accuse par un bourrelet succédant à un sillon produit à l'époque où l'alimentation est moins succulente ou plus pauvre. Chaque année de la vie du sujet est donc marquée par un creux et par un relief qu'avec raison on a utilisé pour la détermination de l'âge ou au moins comme marque de contrôle des signes fournis par les dents.
Mais de même que les indications données par les dents ne sont pas les mêmes chez les animaux communs et chez les animaux précoces, chez ces derniers, en raison précisément d'une alimentation constamment riche et abondante, les sillons sont beaucoup moins profonds et plus difficiles à constater.
Quoi qu'il en soit, on peut dire d'une manière absolue, pour déterminer l'âge d'une vache, que le l 01 sillon compte pour trois et les suivants chacun pour un (fig. 16). De telle sorte qu'une vache sur la corne de laquelle on constaterait cinq sillons aurait assez exactement l'âge de 7 ans.
MM. Cornevin et Lesbre donnent encore des indications assez précises, fournies par les cornes, de la naissance à l'Age de 17 mois'. Ces indications sont
Fig, 16.
Schéma d'une corne frontale d'une vache prenant 8 ans. (Cornevin et Lesbre).
basées sur ce que l'organe s'accroît régulièrement de un centimètre par mois.
Dans l'examen de la corne, il y a lieu de tenir compte d'une ruse des marchands qui consiste à la râper de façon à faire disparaître les sillons. Mais il est assez facile de s'apercevoir de la fraude par les traces laissées par la râpe, par le papier de verre ou par l'instrument tranchant et, à la rigueur, par le vernis appliqué pour dissimuler la fraude.
1. Cornevin et Lesbre, traité >h Vàge /les animaux domestiques a après les dents et les productions épidermiqiies, Paris, 189g,
E. Thierry. Vaches laitières. ■>