‹ Les vaches laitièresChapitre 120 sur 130 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

STATISTIQUE

Les statistiques, quelles qu'elles puissent être, inspirent toujours une confiance médiocre à ceux qui les consultent. Cependant ce sont ceux-là mêmes qui les critiquent avec quelque passion qui s'en servent le plus souvent.

D'une manière, générale on peut admettre qu'elles donnent des indications approximatives très suffisantes et qu'il est toujours facile de les rectifier quand il s'agit d'y trouver des renseignements bien déterminés pour telle ou telle spécialité industrielle, commerciale ou agricole.

On dit bien, non sans parti pris et non sans injustice : « On sait comment les statistiques sont faites ; on demande des renseignements à des administrations pour lesquelles elles n'ont aucun intérêt, etc. » Cela peut être vrai. Mais les administrations et l'autorité mettent en œuvre des agents qui, d'ordinaire, font bien leur devoir et fournissent des renseignements aussi exacts que possible. Je n'ai ni la prétention ni l'autorité scientifique nécessaire pour tenter la réhabilitation des statistiques ; mais je sais bien comment, en ce qui me concerne, j'ai toujours donné les renseignements demandés, et avec quel zèle aussi s'acquittent de leur mission les agents venus auprès de moi pour se renseigner. Sans doute, du jour au lendemain une sta-

STATISTIQUE 3 il

tistique n'est plus mathématiquement exacte. Mais ee n'est pas l'exactitude absolue qu'on lui demande.

Quoi qu'il en soit, nous ne croyons pas tout à lait inutile de donner, il la lin de cet opuscule, une statistique, que nous considérons comme aussi près que possible de la vérité, des vaches laitières et des élèves existant en France à la (in de l'année 181)13; les statistiques de 1894 n'étant pas encore publiées.

Malgré la sécheresse persistante des aimées 1892 et 1893, d'après la statistique établie par le Ministère de l'Agriculture, dans les premiers mois de l'année 1894, on peut juger que le nombre de tètes de gros bétail n a pas sensiblement diminué pour l'ensemble de la Fiance, bien qu'il y ait eu des réductions locales considérables. Sans parler du bœuf, on comptait au 3 1 décembre 1893:

Vaches 6.005.246

Génisses 1.412.612

Elèves de --i\ mois à un an. 1 . 0'J9 . 970

Veaux au-dessous île six mois . . 914.046

Total.

Par kilomètre carré, la densité de la population que constituent les vaches laitières et les élèves est d'environ 20 tètes.

Dans le département de l'Yonne, que nous connaissons mieux, d'après les calculs consciencieux de M. Emile Crocbot, vétérinaire à Auxerre, pendant l'année 189't le bétail aurait diminué, à la suite de la sécheresse des étés 1892 et 1893, de 23,17 pour Km, c'est-a-dire de près d'un quart. Mais nous devons dire que tous les départements français n'ont pas été aussi

3 '«2 STATISTIQUE

terriblement éprouvés que l'Yonne, eu égard à la disette fourragère, où tout a manqué à la fois: prairies naturelles, prairies artificielles, plantes-racines, etc.

En estimant a une moyenne très approximative et presque exacte de 220 francs chaque tète de bétail, on voit que le capital représenté seulement par les vaches laitières et les élèves — et encore une fois nous ne parlons ni des bœufs ni des taureaux — arrive au chiffre important de 2 milliards 59 millions 612,280 francs.

Au point de vue des transactions avec l'étranger, la France importe beaucoup plus de vaches ou de génisses devant faire des laitières, qu'elle n'en exporte. Cela s explique par la consommation prodigieuse de lait qui se fait chez nous. Mais aujourd'hui, pourtant, la France exporte pour un chiffre très appréciable ses laits concentrés, condensés et stérilisés sous les formes liquide et solide.

Page 1