RUE HAUTEFEUILLE, PRES DU UOULEYARD SAINT- GERMAIN
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A Monsieur Gh. Cornevin, professeur de zootechnie à l'École nationale vétérinaire de Lyon.
Mon cher Confrère,
Vous accepterez bien d'être le parrain de ce petit livre, puisque vous en êtes déjà le père... in partibus. C'est à vos nombreux travaux actuels et à votre bienveillante confiance que je dois de l'avoir écrit.
Quel que soit l'accueil qui lui est réservé, je peux dire que c'est une œuvre de conscience. J'ai cherché à être utile, et surtout à la classe moyenne des petits cultivateurs, plus ou moins instruits et, parfois, assez mal installés et outillés, faute de ressources suffisantes.
Pour ce faire, j'ai dû établir une espèce de tableau de l'état actuel des connaissances en ce qui touche la vache laitière, des expériences faites et des résultats acquis. J'ai donc dû emprunter à tous ceux qui se sont occupés de la matière ; à vous particulièrement et surtout, mon cher confrère. J'ai mis à profit votre Traite de Zootechnie générale, votre Traité de l'âge des ani-
maux domestiques (en collaboration avec M. Lesbre), votre excellent petit livre sur la production du lait. Vous aviez bien voulu me donner d'avance la plus large et la plus amicale des autorisations. J'en ai non moins largement usé et je vous en exprime ici ma sincère gratitude. 4
Vous êtes, d'ailleurs, en excellente compagnie, car j'ai mis aussi à contribution, sans parler des grands journaux agricoles : le Journal d'Agriculture pratique, le Journal de F Agriculture, Magne, Eug. Tisserant, MM. Chauveau, Arloing et G. Colin, les travaux récents de MM. Duclaux, Nocard, Peuch. Rossignol, Dechambre, tous maîtres ou amis, de nos confrères Signol, Marlot et Eloire, de Léouzon, d'Aujollet; et enfin le si précieux ouvrage de M. J. Crevât, e tutti quanti.
C'est à laide de tous ces collaborateurs que j'ai pu mettre mon travail « au point de la modernité » ; et je ne crois pas avoir omis de nommer aucun de ceux auxquels j'ai dû faire quelques emprunts.
. A tous, j'offre l'expression de ma reconnaissance sans oublier MM. Baillière qui ont constamment cherché à me faciliter le travail.
J'ai divisé mon livre en vingt chapitres, dont je vais vous donner quelques titres, afin que vous ne parcouriez que ceux qui pourraient avoir quelque intérêt (?) pour vos travaux habituels : Le premier est consacré à quelques notions d'anatomo-physiologie. C'est vous,
avec votre collaborateur, M. Lesbre, qui faites presque tous les frais du second. Dans le troisième et le quatrième, j'étudie les principales races bovines françaises et étrangères, avant un intérêt particulier au point de vue de la production laitière.
J'ai consacré un chapitre à la production du lait et à l'importance économique de la vache laitière, ainsi qu'à l'anatomie et à la physiologie de la glande mammaire.
Dans le choix des laitières, vous pensez bien que je n'ai oublié ni Guenon, ni Sanson, ni Baron, ni Rossignol
et Dechanibre, ni vous-même. Assez longuement, j'ai traité de l'hygiène de la vache laitière : habitation et alimentation. C'est ici surtout que j'ai utilisé les travaux si remarquables de .1. Crevât, en tenant compte de vos recherches et de celles de M. Aimé Girard.
Après avoir parlé de la traite, je suis entré, par un long chapitre, dans des considérations étendues sur tout ce qui concerne la production et l'élevage des bovins. J'ai cru utile de donner quelques conseils pratiques sur l'achat de la vache laitière.
Dans le chapitre XVI, je passe rapidement en revue, par ordre alphabétique, les principales maladies qui peuvent affecter la vache et son veau. Puis, il m'a bien fallu parler de la laiterie, du lait et des dérivés de ce produit, je l'ai fait brièvement.
Je n'ai pas cru, dans l'état actuel des connaissances
médicales, pouvoir passer sous silence l'emploi thérapeutique du lait de vache.
Enfin, dans le dernier chapitre, je consacre quelques pages à la statistique des vaches laitières en France.
Vous le voyez, mon cher confrère et ami, j'ai eu surtout la préoccupation de réunir, en un nombre restreint de pages, tout ce qui peut intéresser les propriétaires de vaches laitières ; ceux qui ignorent les grands travaux scientifiques et ceux qui n'ont pas le temps de les lire. C'est pour eux que j'en ai extrait la « substantifique moelle ».
Et maintenant... voyez et jugez.
Recevez, mon cher confrère, l'expression de mes meilleurs sentiments.
Emile THIERRY.
La Brosse, le 4 mai 1895.
« La vache n'unît en elle tous les caractères, toutes les qualités qui donnent i\ l'espèce bovine son importance au point fie vue de l'Agriculture et de l'économie domestique. » (K. Tissbuàrb.)