SIGNES DES QUALITÉS BEURRIÈRES
Guenon. Tout le monde sait que la qualité, la nature, la quantité des aliments, comme leur température et
celle des boissons, jouenl un rôle actif dans la production du lait, en quantité et en qualité.
1\ . — Signes des qualités beurrières.
Peut-on, ii l'examen d'une vache, déterminer approximativement la quantité et la qualité du beurre qu'elle peut fournir ?
H est évident que le meilleur et le plus sûr moyen de constater la qualité du lait au point ,1e vue ' du beurre, consiste dans la recherche directe de celui-ci, ce qui n'est ni long „i bien compliqué, sans avoir besoin de recourir à l'emploi d'appareils spéciaux.
Mais il ne s'agit pas de cela. Voici le problème : une vache étant donnée, dire, après examen, si son lait est riche. Or, ce problème paraît facilement soluble; et il ne manque pas d'un certain intérêt pour les éleveurs dont la spéculation zoolechnique est la fabrication du beurre de bonne qualité.
M. Renoult-Lizot, nous dit M. Cornevin, aurait reconnu que les papilles buccales affectent des formes différentes selon que la bête est bonne, passable ou mauvaise beurriere. Si Ces papilles, qu'on trouve à la face interne des joues d'une vache, sontgrosses, larges et plates, la bête est bonne beurriere; ces papilles sont-elles seulement rondes, les qualités beurrières sont ordinaires; au contraire, la vache est mauvaise beurriere si les papilles sont pointues.
M. Baron, d'Alloit, qui a suivi de près les études
E. Thierry. Vaches laitières. ,,
de M. Renoult-Lizot, considère que son système est exact dans la plupart des cas.
Nous avons vu précédemment que la mamelle peut être comparée à une monstrueuse glande sébacée. On sait aussi, par les études pathologiques, que si la sécrétion mammaire est suspendue pour une cause quelconque, l'élimination des principes gras se fait sur une autre partie du corps. « Nous avons vu, dit M. Cornevin, des vaches atteintes de mammite, montrer à la face, et particulièrement au pourtour des yeux, une teinte jaunâtre duc à la production d'une forte couche de sébum qu'on pouvait enlever avec l'ongle. »
Sans chance sérieuse d'erreur, on peut avancer qu'il y a une étroite corrélation entre la sécrétion sébacée cutanée et la proportion de beurre contenue dans le lait.
Quand la peau, dans les régions où elle est dépourvue de poils, est riche en glandulcs sébacés, qu'elle se montre d'une teinte jaunâtre, couleur beurre frais plus ou moins foncée (couleur indienne de Guenon), pourvu que la bête soit d'ailleurs en parfait état de santé, on peut la considérer comme bonne beurrière.