‹ Les vaches laitièresChapitre 49 sur 130 · PANSAGE · texte numérisé non relu

PANSAGE

particulier, et aux nôtres également : c'est qu'une vacherie ne doit être habitée que par des vaches. On peut à la rigueur, comme le dit encore M. Cornevin, y tolérer des brebis ou des chèvres qui ne dérangeront pas les vaches au repos. Mais jamais il ne faut y mettre des chevaux, des porcs ou des volailles. Les premiers, dont on peut avoir besoin souvent, sont cause de mouvements d'allées et venues et troublent les bêtes; les seconds donnent une odeur trop accentuée et font entendre de trop bruyants grognements aux heures des repas. Quant aux volailles, non seulement elles souillenl de leurs excréments les crèches, les aliments et les animaux eux-mêmes qui se dégoûtent, mais elles sont en outre souvent la cause de maladies pédiculaires ou parasitaires.

Pansage.

De tous les animaux de la ferme, nul. peut-être, n'a plus besoin de soins de propreté que la vache laitière. Elle n'évite pas, comme beaucoup de chevaux et surtout comme le pore, de se coucher dans ses excréments. Il est facile d'en juger par la croûte de crottin feutrée avec les poils qu'on aperçoit sur les cuisses, les fesses, sous l'abdomen et quelquefois même sur les cotes des vaches mal tenues. Le consommateur de lail de vache, pour peu qu'il soit habitué à la dégustation, fait bien la différence entre le lait provenant d'une vache propre et celui d'une vache négligée. Il est plus facile de percevoir ce goût désagréable que celui qui provient de la saveur donnée au lait par certains aliments. Le lait d'une vache E. Tnu.uiiv. Vaches Laitières 10,

mal tenue a toujours une odeur d'étable, voire de fumier, très accentuée. Et il faut aimer les aliments de haut goût pour pouvoir le consommer sans répugnance, même lorsqu'il a été bouilli. Par suite, la crème, qui aromatise le lait, a une saveur désagréable. Il en est nécessairement de même du beurre, fût-il fabriqué avec le plus grand soin.

Donc, si les étables doivent être tenues dans un état d'excessive propreté, il faut aussi cpie les vaches soient elles-mêmes très brillantes. L'éleveur trouvera une large compensation de ses soins dans le lait abondant et le beurre exquis qu'elles produiront.

I/opération du pansage n'est ni longue ni difficile. Elle ne demande que quelques précautions et un peu d'attention. Les instruments nécessaires au pansage de la vache sont l'étrille, la brosse de chiendent et l'éponge.

Le matin s'exécute le premier pansage à l'aide des trois instruments ci-dessus indiqués. Lesecondpansage, s'il n'est pas nécessaire, est au moins utile et a lieu dans l'après-midi avec la brosse et l'éponge seulement.

L'étrille doit être passée à frottement aussi doux que possible et d'une main légèfe, sur toutes les régions du corps. Le vacher doit toutefois n'appuyer que très légèrement sur les régions où la peau recouvre immédiatement des surfaces osseuses ou articulaires. Il est facile de comprendre la douleur inutile qui serait infligée aux animaux en comprimant la peau entre les dents des lames de l'étrille et la partie dure sousjacente.

Après l'étrille, on emploie la brosse qui enlève toutes les poussières encore adhérentes aux poils.

Enfin, à l'aide de l'éponge bien humectée, on lave avec

soin toutes les parties souillées par les déjections.

Dans l'après-midi, on n'emploie pas l'étrille qui, en raison de sa strueture, pourrait irriter la peau et produire un dérivatif aux dépens de la sécrétion mammaire. 11 suffit, p 0ur ce second pansagej de bp0Mer

convenablement tout le corps et de laver ensuite, avec l'éponge, les parties qui ont besoin de l'être.

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