‹ Les vaches laitièresChapitre 77 sur 130 · GESTATION · texte numérisé non relu

GESTATION

Ce procédé permet de régler le nombre des s;«i Ilies journalières, d'éviter leur répétition inutile, ou nuisible, pour la même femelle et de ménager ainsi les forces du mâle.

h» monte en liberté n'a pas grand inconvénient quand le nombre des femelles, qui vivent avec le taureau, n est pas très élevé et ne dépasse pas quinze à vingt. Au reste, on évite la fatigue du taureau en recourant à la monte mixte, qui consiste à placer le taureau et la femelle à saillir dans un enclos où on fait passer les vaches à mesure qu'elles présentent des signes de chaleur.

Gestation.

La gestation commence aussitôt après l'accouplement, c'est-à-dire aussitôt après la fécondation qui, d'ordinaire, chez les bovins, suit immédiatement le coït utile. La gestation est l'état de la vache fécondée, et va jusqu'à la parturition. Elle a une durée variable avec les races et surtout les individus. Les limites extrêmes sont de2i()à 300 jours, ou très peu plus. Mais la moyenne est de 280 jours ou 9 mois et 10 jours.

Dès qu'une vache est pleine, on peut, avec quelque attention, observer certains changements à son habitude extérieure. Klle devient plus calme, son allure se ralentit, elle parait pins molle, pins lourde dans tous ses mouvements. Au pâturage elle s'isole et fuit surtout le taureau. Si celui-ci est dans le troupeau, il faut l'en retirer dès que la période de la monte est terminée. Il pourrait, sans cette précaution, tourmen-

Ë. Thierry. Vaches laitières. li

PRODUCTION DES BOVIDES

ter les vaches et provoquer des avortements toujours fâcheux et souvent graves.

La vache pleine sera traitée avec ménagement. On évitera de hâter sa sortie et sa rentrée à l'étable, surtout si la porte n'a pas de grandes dimensions. A mesure que la gestation avance, les coups et les heurts sur l'abdomen peuvent être funestes.

L'alimentation, en hiver particulièrement, devra être modifiée pour la vache dont l'utérus et la panse suffisent à remplir la cavité abdominale. Il conviendra donc de donner le moins possible d'aliments bruts ou grossiers qui augmentent encore, sans profit pour l'animal, le volume du rumen. Mais la bête ne devra pas pour cela être moins bien nourrie. Tout au contraire, on augmentera sa ration d'aliments concentrés.

Il sera bon aussi d'acquérir la certitude de l'état de gestation. Mais ce n'est guère que vers le cinquième mois qu'il est possible, et souvent assez facile, de constater cet état par la pnlpation abdominale. L'observateur applique la main à plat sur le flanc droit, puis il imprime une secousse assez forte à la main en appuyant fortement sur l'abdomen, au bout d'une ou deux secondes, il perçoit sur la paume de sa main la sensation d'un corps dur. II est alors certain que l'utérus est gravide.

Quelquefois encore, en laissant boire quelques gorgées d'eau froide à la vache et en examinant le flanc droit, quelques instants après l'absorption du liquide, on voit un corps arrondi progressant d'avant en arrière ou d'arrière en avant.

Si, à un premier examen, on n'a rien reconnu par les deux moyens qui viennent d'être indiqués, on

PARTUR1TI0N 2'i3

remet l'observation à quelques jours plus tard. Il est des vaches chez lesquelles ce n'est qu'après le sixième mois et parfois le septième qu'il est possible de constater la présence d'un fœtus dans la matrice.

Cependant il est des circonstances, dans le cas de marché, de vente suspensive et résolutoire par exemple, où on a intérêt à connaître hic et mine l'état de plénitude ou de non-plénitude de la vache. Il faut alors recourir à d'autres moyens d'exploration qui sont du domaine exclusif du vétérinaire. Nous voulons parler delà palpation rectale de la matrice. Par celle méthode on acquiert aussitôt une certitude absolue. Ce procédé n'est toutefois pas sans danger.

Vf. — PàRTURITION.

Quand la gestation est à son terme, la parturition, part ou mise-bas, s'effectue. C'est l'avant-dernier acte de la fonction génératrice. La parturition n'est que l'expulsion à terme du produit de la fécondation. Elle s'accomplit spontanément, naturellement, sans grande fatigue pour la mère quand il n'y a pas de complications qui la rendent anormal.-, complications sur lesquelles nous reviendrons.

La parturition est accompagnée de signes prémonitoires faciles à observer. Dans les quatre ou cinq jours qui précèdent le part, la vache est cassée : c'està-dire que deux cavités apparaissent sur la croupe au niveau et de chaque coté du sacrum, un peu en avant de la naissance de la queue. La bête est lourde, le moindre mouvement demande un effort qui parait

PRODUCTION DES BOVIDES

pénible. Les lèvres de la vulve sont gonflées, relâchées, molles et pendantes, montrant au-dessous un repli de la peau plus ou moins œdématiée. Si on les écarte, on trouve la muqueuse vulvo-vaginale rouge. Il s'écoule, par la commissure inférieure, des mucosités gluantes, filantes et plus ou moins abondantes. Les mamelles sont gonflées, dures et présentent en avant, surtout chez les primipares qui seront bonnes laitières, un œdème considérable qui s'étend sous l'abdomen. Les tétines sont rigides et laissent écouler des gouttes d'un liquide jaune orangé, du colostrum qui se concrète a l'orifice.

A partir de cet instant la vache doit être surveillée, le part ne peut tarder, il ne dépasse jamais 24 a 48 heures après l'apparition du colostrum. Bientôt la bêle parait inquiète, piétine, gratte quelquefois le sol de ses pieds antérieurs en reportant la litière sous les membres postérieurs. Elle a des coliques utérines produites par les premières contractions de l'organe. Elle se couche avec grande précaution, s'allonge en raidissant ses membres, se relève et se couche de nouveau. Puis tout à coup les membres, soit que la bête soit en décubitus stcrno-costal, soit qu'elle soit tout à fait étendue, sont raidis violemment; la vache étend la tète, bâille en faisant sortir la langue de la bouche, et fait un effort expulsif plus ou moins violent et douloureux. Il s'écoule alors par la vulve une assez grande quantité de mucus liquide. Au bout de cinq à dix minutes, nouveaux efforts qui se succèdent aux mêmes intervalles mais se rapprochent de plus en plus à mesure que le travail avance. Il apparaît alors, entre les lèvres de la vulve, une tumeur de couleur brune

PARTUIÎITION

ou bleuâtre, plus ou moins volumineuse. C'est la poehe des eaux contenant le liquide amniotique, et qu'il faut bien se garder d'ouvrir. Après un nouvel effort apparaissent les pieds par leur face antérieure et bientôt après le mufle du veau. C'est à cet instant que la poehe des eaux se déchire et laisse écouler une quantité, parfois considérable, de liquide citrin et limpide.

Si, au bout d'un temps variable de une à deux heures, la bête s'est fatiguée en vains efforts, si on ne voit rien apparaître à la vulve, il y a lieu de chercher à savoir si le fœtus est en bonne position.

La main et le bras droits, préalablement enduits d'huile ou mieux de vaseline, sont introduits avec précaution dans le vagin cl l'opérateur s'assure si tout est bien normal à une dislance plus ou moins grande de l'orifice. Dans ce cas il n'y a qu'à attendre, surtout si la vache est primipare, et à s'en rapporter aux efforts de la nature. Les tractions, aussi modérées qu'elles soient, sont plus nuisibles qu'utiles. Quand on a aperçu les pieds et le mufle, au bout de dois ou quatre nouveaux efforts, la tète soit tout entière et bientôt le reste du corps.

La vache met bas généralement couchée. Il en est cependant qui accouchent debout. Dans ce cas le veau glisse le long des jarrets et tombe doucement sur la litière.

Si, pendant le travail du pari, le cordon ombilical ne s'est pas rompu, on le coupe en axant soin de le lier préalablement aussi près que possible de l'ombilic du jeune, c'est-à-dire à I ou ? centimètres.

Aussitôt née, la petite bête secoue la tète, s'ébroue et mugit quelquefois. On la porte alors vers la tète de E. Thierry. Vaches LaJUères. |' lt

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la mère qui la lèche ; et pour l'exciter à cette opération, véritable massage, on épand une poignée de son ou de sel sur le veau. Quand il est bien léché, essuyé d'un côté, on le retourne et la mère continue ses soins. Au bout d'un temps relativement court, ne dépassant pas une demi-heure en général, le veau cherche à se

Fie. 50.

Présentation antérieure avec tùle déviée à cauclie

mettre debout. C'est alors qu'on le dirige vers la mamelle s'il doit téter sa mère. Dans le cas contraire, on le fait boire du lait tiré à sa mère. Mais nous reviendrons sur cette question en étudiant l'allaitement. Par je ne sais quel préjugé que rien n'explique, on

PARTurtrnoN 247

a l'habitude fâcheuse, dans beaucoup île localités, de mettre clans la bouche du veau une poignée de sel marin, vénéneux à cette dose, ou un ouf entier que l'on casse en l'introduisant dans la cavité, de telle sorte que le petit animal avale même la coquille. A quoi bon ? C'est au moins inutile et cela peut être dangereux.

Présentation antérie

oc la tète pliée ru dessous,

Mais le p;ut ne s'effectue pas toujours aussi simplement que nous venons de le dire. Toutefois, quand

la présentation est antérieure, le travail se fait en plus ou moins de temps, sans qu'il soit, si ce n'est très rarement, nécessaire d'intervenir.

248 PRODUCTION DES BOVIDÉS

Dnns la présentation antérieure, il peut arriver que l'un ou même les deux membres restent en arrière, et que la tète seule arrive au passage. S'il n'y a qu'un membre avec la tète, il faut, avant tout, n'exercer aucune traction sur le membre qui se présente. II y a lieu d'introduire la main et d'aller chercher l'autre membre, généralement assez facile à amener.

Présentation antérieure avec la tète repliée en dessus.

Quand la tète vient seule, il faut le plus souvent la refouler pour aller successivement chercher les membres retardataires.

D'autres fois enfin, les deux membres se montrent sans la tète, qui est repliée sur l'encolure jusque sur

PARTl'RITION

l'une des épaules (fig. 50) ou entre les membres antérieurs jusque sous l'abdomen 6g. 51). La tête peut encore être repliée sur le clos avec l'encolure en extension forcée extrême (fig. 52). C'est surtout dans ce cas, qu'il faut à tout prix éviter les tractions sur les membres du veau. On risqua, en tirant, de tout perdre, la

Fig. 53. — Présentation antérieure avec position dorsale vertébro-pubienne.

mère et le petit. Il faut alors fixer les membres à des lacs, pour les retrouver à volonté, et par d'habiles

manipulations, mettre la tète eu bonne position. I! arrive aussi que la présentai ion soit antérieure, le veau venant sur le dos (fig. 53). Mais généralement dans ce

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cns il y a une torsion incomplète de l'utérus, demitorsion en général et il ne faudrait pas s'exposer à amener le veau sans s'être bien assuré de l'état de la matrice et du vagin.

Il arrive encore assez souvent, surtout lorsqu'il s'agit de génisses de race peu précoce, à gros squelette, que

Fie, 54. — Présentation postérieure avec position lombo-sacrée.

le veau sorte jusqu'aux lombes et qu'ensuite le travail reste stationnaire. Dans ce cas, ce sont les deux articulations fémoro-tibio-rotuliennes, toujours très volumineuses chez les jeunes, qui s'opposent au passage. Elles se trouvent en quelque sorte accrochées au bord antérieur de la symphyse pubienne. On remédie

t>ARTURITION

à cet accident par des tractions modérées et méthodiques aidées d'un mouvement alternatif de haut en has et d'un côté à l'autre imprimé au petit.

Le veau se présente quelquefois par les pieds postérieurs (fig. 5 4). Cette présentation est facile ii reconnaître en ce que c'est toujours la face plantaire qui se

! ' I <' VoK

Présentation postérieure aven jarrets fléchis el arc-boulant.

montre au lieu de la face antérieure des sabots. Dans la présentation parle derrière, la parturition n'est pas plus laborieuse que dans la présentation antérieure. Toutefois, elle doit être rapide sous peine de laisser le fétus mourir par asphyxie avant son expulsion,

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Dans la présentation postérieure, il arrive quelquefois que les deux pieds viennent bien et que le travail n'avance pas. C'est que la queue se trouve relevée sur la croupe. Il faut donc toujours s'assurer si cet appendice est bien à sa place.

L'un des membres peut être replié sous l'abdomen

Fig. 50. - Pré

scnlation postérieure avec membres postérieurs complèlement restés en avant.

du fœtus. Ici encore, il ne fautpas tirer sur le membre apparent, mais aller dégager le membre en retard. La queue et les fesses apparaissent seules et les deux membres restent en arrière (fig. 55 et 5G). 11 faut les amener successivement. Mais c'est toujours plus difficile

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