‹ Les vaches laitièresChapitre 84 sur 130 · ALLAITEMENT NATUREL · texte numérisé non relu

ALLAITEMENT NATUREL

du petit. Il n'est pas rare d'ailleurs de rencontrer des veaux atteints de constipation et souffrant de la nonexpulsion du meconium. Dans ec cas, on aide l'action du colostrmn par quelques lavements à la glycérine ou à l'huile à manger ordinaire.

Le colostrum diffère du lait proprement dit par un excès de caséine, l'absence de lactose et de sels et par une moindre quantité de beurre et d'eau.

Si donc le jeune sujet doit teter sa mère, on l'approche de la mamelle et on lui place dans la bouche, non sans peine quelquefois, la tétine qu'il suce bientôt. On continue il le l'aire teter chaque jour quatre fois ou au moins trois fois, à des heures régulières. Dès le lendemain ou, au plus tard, le surlendemain de sa naissance, le veau se dirige seul vers le pis de sa mère et tette à satiété. Il faut, qu'après chaque tetee, le petit animal soit bien rassasié. Aucun autre aliment ne saurait remplacer le lait maternel.

Dans les huit ou dix premiers jours, le veau laisse généralement un peu de lait dans la mamelle. Il faut, après son repas, traire ce lait qui, dès le cinquième jour environ, est devenu normal et peut être utilisé dans le ménage.

A mesure île sa croissance, si la vache n'est pas bonne laitière, le veau peut ne plus trouver assez de lait dans h' pis de sa mère, (.'est alors (pion peut recourir à l'allaitement artificiel ; car il faut avant tout que le jeune soit alimenté' à refforfi'er. Mais ce fini vaut mieux encore, c'est de le faire teter une seconde vache. Il ne faut jamais que le veau souffre de la faim. Chaque jour il doit augmenter de poids; ce qu'il est facile d'apprécier par des pesées faites tous les trois ou quatre jours.

L'action de faire tetcr la mère par le petit a bien quelques inconvénients quand ils vivent l'un prés de l'autre; c'est que le sevrage est rendu beaucoup plus difficile. C'est pourquoi nous ne sommes pas hostiles à l'habitude prise généralement aujourd'hui de faire boire les veaux au baquet ou au biberon. C'est ce procédé qu'on appelle encore allaitement mixte.

Nous l'avons dit, le veau peut être nourri avec le lail de sa mère préalablement trait et mis, tiède, dans un baquet, dans un seau ou dans un biberon. Disons d'abord qu'il n'est pas bien difficile d'habituer un veau ii boire, Il suffit de mettre un doigt dans le seau rempli de lait, le veau suce le doigt d'abord ; puis, au boni de peu de temps, il boit seul. Le nombre des repas, dans ce mode d'élevage, sera encore de trois au moins et mieux de quatre.

Le baquet a de grands inconvénients, quand il est en bois. C'est que le nettoyage en est difficile et qu'il n'est jamais parfait. Quelque soin que l'on prenne, le lavage lùt-il fail à la brosse, il est impossible de le nettoyer convenablement et de faire disparaître les éléments organiques qui s'infiltrent entre les douves. C'est ainsi que notre confrère et excellent ami Biot, de Pont-sur- Yonnc, a constaté la transmission de la tuberculose à des veaux par des baquets dans lesquels on leur servait le lait. Nous préférons de beaucoup le seau en fer-blanc ou en zinc dont le nettoyage est commode et sûr.

Mais baquet et seau ne valent pas les biberons assez intelligemment construits pour qu'il soit possible de les tenir dans un état constant d'extrême propreté. Les baquets et les seaux, comme le fait remarquer avec raison M. A. Eloirc, sont largement ouverts à

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