‹ Les vaches laitièresChapitre 88 sur 130 · SEVRAGE · texte numérisé non relu

SEVRAGE

Avant d'étudier cette importante partie de l'élevage, il nous parait bon de poser la question de l'âge auquel doit commencer le sevrage. D'une manière générale, sous divers prétextes, on sèvre les veaux beaucoup trop tôt. C'est ainsi qu'on lait île mauvais veaux de boucherie toujours vendus bon marché, et qu'on ne lait aussi que de mauvais élèves ne pouvant être, dans l'avenir, que de très médiocres reproducteurs. Les veaux destinés ;i l'élevage complet seuls nous intéressent.

Il v a des caractères physiologiques précis qui déterminent mathématiquement l'âge du sevrage. Ces caractères sont fournis par l'évolution de la première molaire de seconde dentition. Or, cette dent ne se montre guère avant l'âge de ô ii G mois. C'est à cette époque seulement que le jeune sujet peut commencer à consommer utilement d'autres aliments que le lait.

Nous l'avons dit, l'opération du sevrage qui ne peut se faire définitivement en moins de quatre à cinq semaines, n'est rien moins que facile pour les veaux élevés à la mamelle. Aussi faut-il v mettre beaucoup de soin et de patience. Mais comme la petite bêle n'a pas été muselée avec un panier, elle a déjà brouté quelques bribes de fourrage et d'autres aliments et son estomac est déjà un peu prépart'' à la nouvelle vie qui va commencer.

Si le veau tette trois fois pur jour, on ne le laisse plus teter que deux fois, le matin et le soir, pendant six ii huit jours. A midi il reçoit du lait tiède additionné d'eau tiède dans lesquels on a délavé des farines diverses, léveroles, lin, tourteau, riches en protéine, en matières ternaires et surtout en principes solubles dans l'éther. On peut encore mélanger du ri/, très cuit

assez appétë des veaux. Au bout du délai prescrit le veau ne tette plus que le soir, et on remplace le repas du matin, comme celui de midi, par des buvées de plus en plus épaisses. Enfin au bout de la troisième ou de la quatrième semaine, on supprime complètement la tétine et on commence à ajouter aux buvées quelques aliments plus ligneux ou plus solides : foin bâché, betteraves et autres racines cuites ou crues et coupées en tranches très minces. Tout cela doit se faire très lentement, en ayant soin de bien surveiller les fonctions intestinales dont les troubles se manifestent par de la diarrhée, plus rarement par de la constipation. Il y a quelquefois nécessité, clans ces cas, de revenir au lait pur de la mère donné au baquet ou mieux au biberon.

Le sevrage peut même se faire à l'aide du biberon Massonnat, modifié par M. A. Gouin (fig. 62). Avec cet appareil, mieux que dans celui déjà décrit, les matières farineuses ne restent pas au fond et s'écoulent par la téterelle. Ce biberon est, selon nous, le meilleur appareil de sevrage.

Pour les veaux qui suivent leurs mères au pâturage, le sevrage s'effectue seul. Mais trop souvent les jeunes animaux conservent la mauvaise habitude de teter longtemps leurs mères ou d'autres bêtes même non laitières. On y

Fig. (i'2. — Biberon mural

Massonnat,

modifié par M. Gouin.

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