ALLAITEMENT ARTIFICIEL
moins de 28° ou 30° centigrades. Ces indications seront exécutées à la lettre.
Parmi les aliments donnés an veau, se trouvent le lait écrémé. Celui-ci devra toujours être employé frais, sortant de récrémeuse mécanique. Tout autre lait écrémé peut être acide et renfermer des microbes pathogènes, par conséquent dangereux.
On a essavé de remplacer les matières grasses, dans le lait écrémé, parties graisses animales, suif, saindoux et aussi par l'addition d'huiles diverses. Il nous parait plus simple de délaver des tourteaux oléagineux parfaitement pulvérisés. Toutefois la bouillie de tourteau doit être donnée avec mesure. Il ne faut pas dépasser la dose quotidienne, servie en trois repas, de 500 à 601) grammes.
La farine de graine de lin est avantageusement cmplovée aussi pour donner la graisse qui manque au lait écrémé. 5 litres de farine peuvent donner 30 litres de bouillie. On peut, au lieu de la farine, employer la décoction de graine de lin qui est elle-même très nutritive. On l'obtient en faisant bouillir environ 1 litre de cette substance dans 20 litres d'eau. L'ébullition doit durer 15 à 20 minutes.
Un liquide excellent pour préparer les repas des veaux est fourni par l'infusion de bon loin de pré, c'est le thé île foin, dans lequel on délaye des substances farineuses. L'eau de riz n'est pas moins bonne que l'infusion de foin. Elle est même plus nutritive. Avec 500 grammes de riz on fait 20 litres de liquide alimentaire, un peu pauvre en azote qu'on trouvera dans un tourteau.
Sous les noms de lactina et autres il se vend une
foule de substances pulvérulentes qui ne nous inspirent qu'une confiance médiocre.
Quel que soit l'aliment que l'on veuille substituer au lait, le remplacement se fera lentement. Pendant les quatre ou cinq premiers jours, on ne mélangera au lait qu'un dixième de la ration nécessaire; puis on augmentera progressivement la dose de ces substances en diminuant dans la même proportion celle du lait, de façon que la substitution soit complète au bout de vingt à vingt-cinq jours. On s'expose à des mécomptes en voulant aller trop vite clans l'allaitement artificiel et au lieu de profits on enregistre des pertes sèches.
En résumé, y a-t-il des avantages et peu d'inconvénients à pratiquer l'allaitement artificiel ? Nous n'hésitons pas à affirmer que ce procédé est, en général, peu avantageux et qu'il présente, outre de grands inconvénients, quelque danger. En tout cas il est moins bon que l'allaitement naturel pour le jeune. Aussi bien les praticiens sont loin d'être d'accord, et je ne crois pas qu'il soit possible de trouver, parmi eux, une majorité en faveur de l'allaitement artificiel. On ne saurait non plus soutenir avec certitude que ce dernier soit plus économique que l'allaitement naturel. Comme le conseille M. L. Léouzon, l'opinion de l'éleveur le guidera seul clans son choix entre les deux méthodes.