CHAPITRE PREMIER
ETUDE GÉNÉRALE SUR LE CARCICOME AU POIST DE VUE DE 8A GENÈSE ET DE SA NATURE
Les nombreux travaux qui ont paru sur la pathogénie du careinome abrègent de beaucoup l'exposition que nous allons en faire.
La thèse de notre ami, le D' Castueil (Paris, 1894), celle d’Auguste Marie (Paris, 1895) forment ce qui a paru de plus complet sur ce point. La thèse de Castueil sort, comme la nôtre, du laboratoire de M. Nepveu et en caractérise bien l'esprit.
Trois doctrines règnent actuellement dans la science sur l'origine du carcinome : les doctrines diathésique, parasitaire, histologique.
La doctrine diathésique repose sur la constatation d’une aptitude constitutionnelle spéciale à la production des néoplasmes, aptitude bien facile à reconnaître sur certains sujets. Cette diathèse néoplasique (Verneuil) dériverait de lParthritisme, en serait une des formes et aurait besoin d’une cause déterminante qui serait le plus souvent le traumatisme.
L'école parasitaire n'a pas encore établi sa doctrine sur une base indiscutable. L'inoculabilité du carcinome n’est peut-être qu’une manifestation particulière de la possibilité du greffage des cellules épithéliales en général. Les greffes d'homme à
homme ont parfois réussi (Hahn et le fait publié par Cornil,, de même que certaines greffes d'homme à animal. Les nee
valions d’aulo-inoculations sont déjà nombreuses, de même que celles qui établissent la contagion du mal. Les parasites du careinome ont été signalés par de nombreux observateurs: les Microbes (Nepveu le premier, 1872 et 1880, in Mémoires de chirurgie, Paris, Delahaye, 1880 ; les Sporozoaires, Darier, 1889, Annales de dermatologie, N° 7). Tous ces faits ont été l’objet de recherches multiples (Russel, Nepveu, Foa, Metchnikoff,, Ruffer et Walker, Sawtschenko, Podwizzowski). Le résultat de ces recherches est loin d'être accepté par l’école histologique.
L'école histologique (Cornil, Borrel, Schütz, Fabre Domergue, Cazin et Duplay, Steinhaus, Torok) envisage tous ces prélendus parasites, soit comme des dégénérations cellulaires, soit comme des formations endogènes.
Pour nous, nous pensons qu'il faut tenir grand compte, dans l’évolution du carcinome, de toutes les découvertes des auteurs précédents.
Des lésions bien nettes de l’épithélium des surfaces et des glandes, consistant en une hyperplasie considérable de ces divers éléments épithéliaux, en des formations endogènes manifestes, comme en des dégénérations rapides des cellules et s’accompagnant souvent de proliférations microbiques évidentes qui hâtent leur destruction (Nepveu, 1872, 180, 1884), survenant dans des conditions diathésiques bien connues el souvent à l’occasion de traumatismes indéniables ou de causes d'irritations prolongées: tels sont actuellement les faits certains qui font du carcinome une des lésions les plus complexes de la pathologie. Ajoutons que, s'il nous faut encore actuellement suspendre notre jugement sur la présence de parasites (sporozoitres où autres) dans le carcimone,
tout semble cependant permettre de croire que cette doctrine est loin d’avoir fait ses preuves et que la contagion ou l’inoculalion du careinome ne semblent être qu’un cas particulier du greffage possible des éléments épithéliaux jeunes, greffage surtout facile avec des éléments en pleine voie de prolifératon et d'hypergénèse.
Au point de vue de sa nature, le carcinome est-il, comme nous venons de l'indiquer, une tumeur seulement épithéliale ? C'est l'opinion de toute une école en Allemagne et en France, c'est la théorie opposée à celle de Virchow déclarant que le carcinome est surtout conjonctif. Sans entrer dans le fonds du débat, nous ferons remarquer que celte distinction génétique nous semble êlre hors de question dans notre sujet. Nous ne pouvons la discuter ici. Du reste, nous allons faire ressortir un point capital et plus loin nous y reviendrons.
L'endothélium des capillaires prend une part importante au mouvement hyperplasique dans le carcinome, comme d’ailleurs la plupart des éléments de la paroi des capillaires à plusieurs Luniques.
TRS