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CHAPITRE I HisrToRIQUE

La première phase du développement du cancer ne se distingue en rien de la prolifération interstitielle ou glandulaire que l’on rencontre dans les états ordinaires d'irritation ou dans les processus inflammatoires. Les éléments qui remplissent les interstices du tissu conjonctif en plus ou moins longues séries leur sont tout à fait semblables, plus tard les acinis s'épaississent, les cavités du tissu interstitiel sont remplies de longues trainées de cellules dont quelques-unes prennent le caractère épithélial. C’est à ce moment qu'elles se dessinent plus nombreuses le long des vaisseaux sanguins et des 1vmphatiques. Ces longs , tractus épithéliaux semblent être en étroite communication avec les acinis glandulaires hyperpla- SIÉS.

Virchow, le premier, semble avoir touché à notre sujet en spécifiant nettement l'augmentation de volume des endothéliums des capillaires. Virchow (voir Archives XIV, page 57), dans un article intitulé ÆReizung und Reizbarkeit, prétend que l'activité, comme acte du noyau, peut être observée dans les capillaires. On peut, à l'appui de ce qu'il avance, examiner surtout la planche 1, où les faits paraissent lui donner raison,

Otto Weber, dans un important article des Archives de Virchow, XXIX, page 84, étudie longuement la participation des

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vaisseaux dans les processus néoplasiques, spécialement dans le carcinome : «On voit parfois, dit-il, un vaisseau entier se remplir de cellules épithéliales qui proviennent des noyaux des » capillaires.» Il étudie avec soin ce dernier point dans son arücle intitulé : Ueber die Betheiliqung der Gefæsse, besonders der Capillaren an den Neubildungen.

Sick(Virchow’s Archiv. B.31,p. 265, Zur Entwickelungsgeschichte von Krebs) a surtout pour but d'étudier le careinome dans les gros vaisseaux et spécialement les veines. Dans la figure 8 des Archives, il présente un vaisseau dont les éléments pariétaux sont en pleine hyperplasie. Malheureusement il n’a pas arrèté son attention sur les lésions des capillaires eux-mêmes.

Classen ( Ueber ein Cancroid der Cornea, Virchow's Archiv. L., p. 96) remarque l’origine prise dans les petits vaisseaux voisins par le cancroïde de la cornée qu’il décrit. Cette observation reste à l’état de fait particulier.

Arndt, dans un mémoire sur un cancroïde de la pie-mère {Virchow’s Archiv. t. LI, p. 495), attire l'attention sur la richesse de la pie-mère en petits vaisseaux et les altérations qu'ils présentent, mais il ne généralise pas son observation qui reste à l’état de fait isolé.

L’attention des anatomo-pathologistes a élé surtout attirée du côté des vaisseaux etcapillaires lymphatiques. Les recherches de Kæster, celles de Recklingshausen et de tant d’autres ont contribué à la détourner de l’étude des capillaires sanguins (zehnder, etc.). Le professeur Cornil, dans son très remarquable mémoire sur le cancer (voir Bullelin de l Académie de Médecine, XXVIT, 1865-1866), suivait la même voie en France, parallèlement aux auteurs allemands. On sait par quelles preuves brillantes il a le premier établi la doctrine de la propagation du carcinome par les voies lymphatiques et

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donné les preuves de la communication des alvéoles avec les voies lymphaliques elles-mêmes. D'une part l'injection de bleu de Berlin dans les alvéoles, arrivant jusqu'aux troncs lymphaliques et aux ganglions ; d'autre part, l’imprégnalion par le nitrate d'argent des endothéliums des parois alvéolaires: voilà ses preuves irréfulables. La propagation du carcinome aux capillaires sanguins n'a été tonchée qu'incidemment dans son célèbre mémoire.

Klebs a donné un des premiers une indicalion trés netle de ces divers phénomènes el principalement des transformalions des capillaires eux-mêmes en fins cordons épithéliaux.

La planche qu'il donne dans son livre Handbuch der pathologischen Anatomie(1876) est très instructive (page 1209). On peut y suivre, à côté des culs-de-sac glandulaires hypertrophiés, de longs tractus épithéliaux dans les espaces! ymphatiques et la situation des épithéliums dans Padventice des plus pelits vaisseaux sanguins et dans les capillaires.

L'apparition de ces jeunes cellules épithéliales pourrait être interprétée, comme le faisait Virchow, dans le sens d'une transformation épithéliale des éléments proliférants du tissu conjonelf.

Mais la stricte séparation du feuillet épithélial à l'état embryonnaire d'avec le feuillet vasculaire ne semble pas pouvoir permettre cette hypothèse.

Il serait bien plus simple d'admettre, comme Klebs, la propagalion à l'intérieur du tissu conjonclif des cellules voyageuses du jeune tissu énithélial. Waldeyer a observé (Archir. f. Erper. Path, t.3) de jeunes cellules épithéliales mobiles. C'est à elles qu'il attribue ia propagation du carcinome.

Mais Klebs ne s’en tient pas à cette idée et fait remarquer la plus grande chance de vérité qui réside dans la théorie de Recklingshausen, soutenue par Kœæster, par Rajeuski : les ce7-

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dules carcinomaleuses proviennent d'une métamorphose des endothéliums lymphatiques | Virchow’'sArchiv., 1. 66, p. 154). Cependant Langhans (Archiv. f. gynækol., NAT, fascicule 1) à démontré que parfois dans les lymphatiques eux-mêmes l'endothélium n’est pas loujours altéré, même lorsque le lymphatique est bourré de cellules carcinomateuses.

Mayzel el Fromann on depuis longtemps prouvé que les mitoses des cellules endothéliales des petits vaisseaux sanguins étaient générales dans les carcinomes, comme dans les plus petits capillaires Iÿmphatiques

Dans les plus pelits capillaires, comme sur l'intima des artères et des veines, la paroi interne hyperplasiée fait saillie dans la lumière vasculaire. Les noyaux et les nucléoles sont neltement visibles, parfois les cellules tombent. La média est épaissie, les fibres®musculaires même sont augmentées de volume sur les capillaires plus gros. Une fois, ils auraient observé, en outre, la rupture d’un foyer cancéreux dans une peüite artère.

Gussenbauer est, parmi les auteurs, un de ceux qui ont le mieux précisé quelques-unes des alléralions des capillaires dans les néoplasies carcinomateuses. Dans son remarquable mémoire: Ueber die Entwichkelung der secundæren Lymphdruesengeschiwuelste,in Zeitsclaft für Heillunde 1881, tome Il, p. 60, GI et suivantes, 1l à étudié avec quelques détails les lésions qu’ils présentent. Il donne même, dans la figure 7 de la planche 4, un dessin des altérations de plusieurs capillaires dans un ganglion. Ces alléralions ‘sont plus neltes encore dans la figure XII de la mème planche. Elles sont surtout remarquables et bien nelles sur des coupes transversales de pelits vaisseaux (planche V, fig. XVIT et XVIII) ou sur des capillaires (mème fig. XIV de la même planche où dans la

fig. XXIV de la planche 6.)

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La planche 7 frappe aussi beaucoup pour les altérations qu’elle représente, fig. 26, 27, 28, dans de pelites artères. Mais ici nous sortons de notre sujet spécial, la participation des capillaires du carcinome.

Dans les plus pelits vaisseaux, il reconnut aisément l'existence d’un épithélium cubique parfois aplati, parfois arrondi, sur un cancer du gros intestin (fig. 10, 11, planche Il).

Gussenbauer (p. 66), dans son mémoire, ne trouve cependant pas d’autre altération à signaler que l'augmentation de volume des endothéliums plus ou moins considérables dans les capillaires : «la lumière du vaisseau ne permet plus, dit-il, »aux globules rouges d'avancer, ou même est entièrement ef- » facée».

Les endothéliums ont tantôt deux nucléoles, tantôt présentent des phénomènes de mulüiplication évidente. Rarement, mais par place sur un épithéliome à cellules cylindriques, il a pu remarquer quelques cellules qui ressemblaient de loi à des cellules cylindriques. Sur les capillaires plus gros, à plusieurs tuniques, la métamorphose des éléments pariétaux paraît plus complète. Les fibres musculaires lisses se gonflent et peu à peu leur protoplasma et leurs noyaux prennent la forme de cellules cylindriques. Dans les plus gros vaisseaux, l’épithéliome est à plusieurs couches et l’intima, plus ou moins bien conservée, est limitée par une adventice très épaissie.

Ces plus gros capillaires et les plus petits vaisseaux peuvent contenir du sang normal, mais le plus souvent du sang altéré, du pigment qui est absorbé par les endothéliums ou les cellules carcinomateuses voisines.

Dans une première note, M. Nepveu (Congrès de l'Associalion française pour l'avancement des sciences, Grenoble, 1885) rappelle que, dans une observation d’épithélioma cylindrique du rectum, il a eu l’occasion de voir, en 1872 (voir Revue

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