‹ Les Vaisseaux Capillaires Dans Le CarcinomeChapitre 15 sur 20 · LÉSIONS DES CAPILLAIRES ET LEURS CONSÉQUENCES · texte numérisé non relu

LÉSIONS DES CAPILLAIRES ET LEURS CONSÉQUENCES

(Voir la planche à la fin,

On peut étudier les lésions des capillaires dans des points assez différents : autour d’un carcinome AU DÉBUT, au centre d’un careinome, dans ce que les chirurgiens désignent sous le nom de zone suspecte.

M. Nepveu a surtout eu en vue le premier et le dernier point.

Dans cette étude, nous envisagerons les lésions des capillaires à une ou à plusieurs {uniques.

Dans un carcinome au début, les altérations des capillaires sont extrêmement délicates, M. Nepveu signale tout partieulièrement l'augmentation de volume, la légère hypertrophie des cellules endothéliales, leur apparente dissociation, l'apparente fragilité des capillaires. Il a remarqué sur leur parcours de très petits amas nébuleux, jaunâtres. Ces amas sont formés de très fines granulations reliées par une chaïînette granuleuse au capillaire même. Sur un cas de carcinome du sein, 1} à pu trouver une vinglaine de ces amas nébuleux entourant une masse acineuse en pleine hyperplasie épithéhale.

C’est une bonne fortune très rare que de pouvoir étudier un

| — 25 — carcinome au début et je n'ai pu moi-même répéler ces observalions.

Nous laisserons de côté l’étude des capillaires dans le milieu d’un carcinome entièrement développé et cela pour des raisons faciles à comprendre: leur envahissement total ou leur compression ou leur destruction empèchent une étudeapprofondie.

Les lésions des capillaires périphériques nous indiqueront beaucoup mieux ce qui se passe dans le tissu pathologique.

Dans la zone suspecte, et à une certaine distance du néoplasme, les capillaires présentent une série d'altérations des plus importantes. Les noyaux des cellules endothéliales sont tantôt au débutda travail karyokinétique, tantôt, au contraire, ils sont en pleine voie de mulliplication. Le protoplasme cellulaire semble lui-même épaissi. Cette multiplication des noyaux, au centre mème des cellules endothéliales, élargit singulièrement la cellule en ce point. Les renflements ainsi formés produisent le long de la paroi vasculaire une série de saillies alternantes séparées par des intervalles où la cellule, quoique épassie, est cependant encore aplalie. Les saillies nucléaires d’une paroi alternent souvent avec les saillies nucléaires de la paroi opposée, parfois au contraire les saillies d'une paroi se rencontrent avec celles de l'autre. Dans la première altération, les globules rouges peuvent, à la rigueur, passer grâce à leur élasticité. Dans la deuxième altération, on voit les globules rouges entrer dans la partie rétrécie du vaisseau se déformer encore pour passer à travers l’étroite filière, mis, trouvant un obstacle insurmontable.s’arrèler sur place.

Le périthélium d’Eberth est lui-même le siège d'altérations de même nature, mais qui sont loin d'avoir les mêmes effets. Le périthélium est situé sur la paroi même du capiilare. I éprouve les mêmes phénomènes de multiplication et les ren-

NO flements, ainsi formés, constituent des masses épithéliales nodulaires plus ou moins importantes qui reposent sur la paroi des capillaires sans l’aplatir ou l’écraser dans le début de la lésion, mais qui doivent ultérieurement y altérer singulièrement la circulation.

Les fibres musculaires lisses sur les capillaires à plusieurs luniques offrent aussi, dès le début, des altérations appréciables. Leur volume augmente assez rapidement, leurs noyaux se multiplient et, bientôt, la paroi capillaire se trouve transformée en un cordon épithélial d’une certaine épaisseur.

La multiplication des cellules, soit de la paroi interne, soit de la paroi externe, soit des fibres musculaires, finit bientôt par atteindre un tel degré que les capillaires les plus gros disparaissent rapidement.

L'origine des nombreuses cellules épithéliales qui remplissent la cavité vasculaire n’est pas douteuse. Ces cellules sont dues soit à la prolifération des endothéliums vasculaires, soit à la prolifération des leucocytes.

Cet ensemble de cellules intravasculaires forme un réseau d’une extrême délicatesse, qu’on ne remarque qu'avec une grande difficulté dans certains cas.

Toutes ces lésions que nous venons d'étudier sur les capillaires vus longitudinalement s'observent tout aussi bien sur des coupes transversales, surtout sur les capillaires à plusieurs uniques.

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