Les Vallonnaises
Passer de la prose aux vers et s'asservir au joug du rhythme et de la rime, à Y âge où d'ordinaire l'on cesse d'écrire pour se souvenir et rêver, l'entreprise peut sembler étrange et hasardeuse. L'auteur ne le conteste point, et il ne saurait comment s'excuser de sa témérité sans cette strophe de Lamartine qui lui revient en mémoire :
Ce vent qui sur nos âmes passe Souffle à l'aurore ou souffle tard ; Il aime à jouer avec grâce Dans les cheveux qu'un myrte enlace, Ou dans la barbe du vieillard.
Si l'haleine de la muse a effleuré son front, ce n'est point au myrte, mais au cyprès mêlé à ses cheveux blancs qu'il est redevable de cette faveur.
Il lui est plus facile de justifier le titre de cet essai : Les Vallonnaises . Le pays où il est né, et où le fixe l'attrait d'un tombeau , lui a fourni le sujet du plus grand nombre de ces poésies; en inscrivant son nom en tête du recueiL il n'a fait que remplir un devoir de reconnaissance. Heureux, si la sincérité de cet hommage pouvait racheter la faiblesse de l'œuvre !
Dans la peinture des mœurs rurales présentes à son regard ou à ses souvenirs , il a francisé parfois des locutions patoises et fait plus d'un emprunt aux idiotismes locaux. — On trouvera à la fin du volume quelques notes explicatives. — Toutes les pièces du recueil sont inédites , excepté les deux premières. Elles sont publiées dans l'ordre de leur composition.
Vallon, le P»' juillet 1876.