SONNET
Ce qui fait que je t'aime, ô ma chère vallée ! Ce n'est pas de ton ciel l'exquise pureté, Ni de ton horizon ra)3rupte majesté, Ni de tes verts coteaux la chaîne ensoleillée ;
Ce n'est pas le printemps qui rit sous la feuillée, Non plus que les splendeurs nocturnes de l'été, Quand les flots de l'Ardèche, en leur cours enchanté , Roulent les diamants de la voûte étoilée.
Non ! ce n'est ni l'azur, ni l'onde ou le printemps, Qui me font chaque jour, à l'abri des autans, Chérir plus tendrement ta douce solitude ;
Mais le dégoût du monde , à qui j "ai dit adieu. Depuis qu'en tes sentiers, libre de servitude, J'ai reconquis mon âme et que j'ai trouvé Dieu.