Les Van de Velde
Voici encore une de ces familles chez lesquelles le talent, ainsi qu'il est arrivé souvent en Hollande, s'est manifesté d'une manière constante pendant plusieurs générations. On a voulu ne voir qu'une loi d'hérédité physiologique dans le fait de ces vocations qui se transmettent ainsi, comme par une succession naturelle et forcée. Quelle que soit la part de ces influences héréditaires, nous pensons que l'esprit d'imitation qui, chez l'enfant, concourt si puissamment à son éducation, n'exerce pas sur le choix de sa carrière une influence moins décisive. Il n'est guère de profession, en effet, qui, plus que celle d'artiste, soit chère à ceux qui la pratiquent. En voyant autour d'eux aimer et honorer cette profession, en se sentant encouragés et guidés dans leurs premiers essais, ces fils de peintres, si peu que les y invite leur tempérament, deviennent peintres eux-mêmes et, ainsi stimulées, leurs aptitudes se révèlent parfois avec une merveilleuse précocité.
Si, dans certaines conditions de milieu, on a peine à s'expliquer l'apparition des facultés artistiques et s'il a fallu une ténacité singulière pour triompher des difficultés de toute sorte qui semblaient devoir
entraver leur développement, des enfants, ainsi élevés, ont, au contraire, rencontré des laveurs si marquées et des exemples si précieux qu'ils n'ont eu qu'à se laisser porter par les circonstances pour répondre à l'appel de leur vocation. Parmi ces familles privilégiées, il n'en est pas qui aient produit une floraison de talents aussi riche et aussi variée que celle des Van de Velde. Dès la formation de l'Ecole hollandaise, on les rencontre parmi les précurseurs, et ils ne cesseront pas, jusqu'à la fin de la période la plus brillante de cette Ecole, de compter parmi ses meilleurs représentants. Offrant entre eux, avec des différences notables, des analogies très réelles, ils gardent comme une marque d'origine qui les rattache les uns aux autres et, rejetons d'une même souche, ils montrent cependant des allures très personnelles et des physionomies nettement caractérisées. Grâce à cette diversité de talents, ils nous fournissent une occasion naturelle de passer en revue, en les étudiant, les genres très différents dans lesquels, tour à tour, ils ont excellé.
Un travail, déjà inséré par nous dans la Galette des Beaux-Arts, en 1888, a servi de point de départ à cette étude, que nous avons cherché à compléter en profitant des informations nouvelles qu'ont pu nous fournir les publications les plus récentes et nos propres recherches. Nous avons jugé utile d'y ajouter un catalogue sommaire de la bibliographie qui concerne ces maîtres et des principales œuvres qu'ils ont produites.
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