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IV. — Les variations de l’oreille

Les variations de l’oreille sont très nombreuses. Nous ne pouvons pas les décrire ici. Nous énumérerons seulement les principales, d’après L. Mayet. :

Absence congénitale du pavillon.

- Oreille démesurément grande.

Développement exagéré du pavillon, dont la partie supérieure peut même retomber en dehors. comme une oreille de chien.

Arrêts de développement ou atrophie plus ou moins prononcée du pavillon qui arrive parfois à n’être représenté que par un rudimentaire bourrelet fîbro-cartilagineux.

Asymétries diverses de forme et de position.

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Formes anormales en triangle, en ovale, en cornet.

Implantation vicieuse du pavillon plus haut ou plus bas que normalement.

Ecartement, en anse des oreilles.

Hélix. — Hélix incomplet, hélix hypertrophié, déplissement de l’hélix. Oreille de Wildermuth consistant dans la saillie plus accusée de l’anthélix, par rapport à l’hélix. Développement du tubercule de Darwin. Hélix formant un grand ourlet.

Absence ou dépression ou proéminence exagérée de l’anthélix.

Tragus double ou conique.

Absence de l’antitragus.

Absence ou réduction du lobule ; adhérence à la joue totale ou partielle du lobule ; sa palmature, son développement extrême ; sa division congénitale.

Grand développement de la cavité de la conque.

§| L’agénésie de l’oreille externe a bien'été étudiée par Âpert, à propos d’observations personnelles suivies d’autopsies. Il n’y a pas trace de la portion tympanique du temporal et on ne retrouve ni le conduit auditif externe, ni l’anneau tympanal. L’oreille moyenne est rudimentaire, réduite à une simple fente ; la trompe d’Eustache est atrophiée, les cellules mastoïdiennes sont peu développées. Pirès de Lima a confirmé ces faits par une série d’observations d’atrophie auriculaire coïncidant avec l’agénésie du conduit auditif.

On peut remarquer en avant de l’oreille, des fistules d’un caractère tout particulier. Ce sont des fistules à trajet rectiligne, à direction sensiblement verticale, profondes de 5 à 20 millimètres. Elles s’ouvrent par un pertuis ovalaire de un demi à 2 millimètres de diamètre, situé parfois au sommet d’une petite émi-

nence. Elles sont voisines de l’origine de' la portion ascendante de l’hélix. On les voit dans l’un et l’autre sexes, d’un seul côté, ou des deux côtés, avec une égale fréquence. José-Maria de Oliveira, de Porto, a très bien étudié ces fistules anté-auriculairès, qu’il

.Çig. 8. — Fistule anté-auriculaire (Obs. de J. M. de 01iveiro)ï

considère comme résultant, suivant toute probabilité, d un défaut dé fusion entre deux des trois premières saillies cartilagineuses (d’où dérive l’oreille cartilagineuse), ou entre ces saillies et le tégument crânien, avec invagination d’une portion plus ou moins

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importante d’épiderme. Elles dérivent donc du premier sillon branchial. Elles se montrent avec un caractère nettement familial.

II ne faut pas confondre ces fistules avec celles qu’on trouve parfois vers le milieu du bord antérieur du muscle •sterno-cléido-mastoïdien et qui sont également des dérivés branchiaux. Leur transmission héréditaire est normale.

D’autres fistules, mais dérivées du deuxième sillon branchial, peuvent exister encore, nous ne nous en occuperons pas ici.

Y. — Les variations du nez.

De nez est l’organe qui imprime au visage son caractère. La forme est infiniment variable. Bertillon l’a étudiée dans tous ses détails. Rappelons seulement qu’il est des nez leptorhiniens, étroits et effilés par rapport à la longueur, des nez plalyrhiniens , larges, épatés ou étalés par rapport à cette même longueur, et enfin des nez mésorhiniens qui possèdent des dimensions moyennes entre les deux types précédents. Les premiers auront des orifices allongés avec un diamètre antéro-postérieur prédominant ; les seconds, des orifices élargis avec un diamètre transverse plus grand que l’antéro-postérieur, les derniers des orifices arrondis.

L ’arête du nez peut être droite dans les races aryennes, incurvée en bec d’aiglè dans les races sémites, concave ou retroussée dans les races celtiques. Le nez grec se distingue par le défaut de l’angle naso-frontal.

Maisonneuve a signalé l’absence totale du nez.

Les asymétries du nez sont fréquentes, soit qu’il y ait aplatissement d’un côté, soit déviation nasale d’origine congénitale et externe, ou d’origine acquise

ut interne, par inégalité de fonction physiologique des deux narines.

Le défaut d’accollement des deux cartilages du nez provoque une fente dans laquelle s’insinue un repli de la peau. Le nez paraît double et a l’aspect d’un nez de chien, assez désagréable.

La déviation de la cloison nasale est extrêmement fréquente. Elle est due soit à une variation de la lame perpendiculaire de l’ethmoïde ou du vomer, soit à une mauvaise articulation de ces deux os. Le résultat de cette disposition est l’asymétrie des narines, l’une qui est élargie, l’autre qui est rétrécie, d’où une inégalité respiratoire. Notre statistique montre que sur 100 cloisons, à peine un cinquième sont perpendiculaires, la moitié ont des déviations légères, les autres des déviations très accusées.

Ces déviations peuvent entraver considérablement la fonction respiratoire. Il n’est pas rare de voir une choanne complètement oblitérée ; l’air ne passe que par une narine ; souvent, une narine est réduite à une fente étroite. Il en résulte, outre les troubles physiologiques, des troubles pathologiques, ozène, hypertrophie lymphoïde, etc. ; et au point de vue morphologique, une atrophie de tout le côté du nez qui respire le moins.

Toutes les variations des fosses nasales et du palais qui exagèrent ou diminuent ou dévient la perméabilité des cavités conductrices du son, déterminent des troubles de la phonation connus sous le nom de Rhinolalie. M. Détay, récemment, a insisté sur la rhinolalie provoquée par la déformation de la cloison nasale dont nous venons d’indiquer l’extrême fréquence. Chez les sujets présentant cette malformation, il existe une insuffisance respiratoire supérieure qui entretient un état d’enchiffrènement chronique ; il y a difficulté d’émettre des voyelles et

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obligation de parler par la bouche ; c’est la stomatolalie.

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