‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 123 sur 312 · Bouché-Leclercq, Ilist. des Lagides, I, p. 237, n · texte numérisé non relu

Bouché-Leclercq, Ilist. des Lagides, I, p. 237, n

VASES CÔTELÉS

fréquentes, à en juger par le nombre des Cretois incinérés à Alexandrie \ et par celui des Egyptiens incinérés en Crète 2. Dans le cas qui nous occupe, le rôle de la Crète n’a pas consisté à être simplement un débouché au marché de la céramique égyptienne. Nous avons relevé, à propos de certains motifs de la décoration, des rapports précis avec la numismatique crétoise : l'Héraklès assis, le dragon des Hespérides, l’ enlèvement de Thalie, Europe et le taureau, se retrouvent sur des monnaies de Phaestos et de Gortyne. — Et la preuve qu’il a existé en Crète au moins un atelier fabriquant des vases ornés de timbres en relief, c’est qu’on a trouvé à Phaestos un moule pour l'un de ces timbres3. Je serais tenté d’aller plus loin encore. Nous avons pu constater (p. 201, n. 1) en effet que, sauf une exception, tous les vases côtelés recueillis en Crète sont pourvus de timbres décoratifs ; on doit donc penser à tout le moins que les vases côtelés dépourvus de décor n’y ont joui d’aucune faveur. Ne peut-on pas, dans ces conditions, supposer que l’usage du timbre décoré de reliefs est une création de l’industrie crétoise P Nous ne devons pas oublier en effet que la technique du relief a été, pendant la longue période archaïque, la seule qu’ait connue la Crète. Il est donc possible que le retour général vers la décoration e.n relief ait favorisé en Crète la renaissance de goûts locaux et réveillé la tradition. La Crète aurait donc joué, dans cette céramique, un rôle actif, son dernier rôle d’ailleurs dans le domaine de l'art,.

L’usage des timbres à reliefs accolés sur des vases à côtes

1. Sur douze morts de nationalités connues dont les hvdries ont été publiées Am. Journ. Arch., I, 1885, p. 18 sqq, quatre étaient des Crétois.

2. Une bydrie crétoise porte l’inscription Bap'/.aîoç nom fort rare (un autre exemple en Sicile : Benndorf, Gr. u. Sicil. Vas., p. 51, n° 261) dérivé de Baoxi], appellation primitive de la ville de Ptolémaïs en Cyrénaïque. L’inscription Ttr/w. d’une autre hydrie crétoise, nous donne un nom dont on ne connaît pas d’rutre exemple, et qui pourrait bien être un nom Egyptien hellénisé.

3. Ansonia, III, 1908, p. 276 ; Mon. Ant. Line., XII, 1902, p. 21.

218 LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIÈCLE

semble n’avoir pas été propre à la Crète et à l’Egypte, s’il faut en juger par deux fragments sortis du même moule, et découverts à Délos 1 (pl. IX, a). Le vernis, d’un noir profond et très brillant, est très différent de celui qui revêt les vases côtelés de Crète et d’Egypte.

Le sujet est des plus étranges : il représente un homme nu aux prises avec un fauve (griffon ?) qui l’attaque par derrière. Les bras ramenés derrière le dos étaient sans doute ligottés ; pareillement, on aperçoit des liens autour de ses cuisses ; et son attitude semble indiquer qu’il fait pour se dégager un violent effort.

Nous avons constaté plus haut (p. 201) que le milieu du ive siècle marque approximativement le début de la céramique à côtes en Grèce. Cette date est donc exclusive d’une influence efficace de l’art alexandrin. Le rôle d’Alexandrie, dans ce domaine, n’a pas dépassé un rayon restreint : la Crète, peut-être aussi Rhodes, où l’on a trouvé des amphores de ce type.

L’initiatrice semble avoir été ici l'industrie athénienne. C’est à Athènes en effet, nous l’avons vu (p. 201), qu’il faut rapporter les plus anciens spécimens, et aussi les plus parfaits de cet art. Les vases côtelés ne sont sans doute qu’une branche de ce vaste ensemble des 0r(pfy.Xetoi, dont la parure principale était la beauté du lustre noir et que caractérisait l'élégance des formes.

Mais l’influence attique ne demeura pas la seule. Ce procédé avait fait de bonne heure, vers le ve siècle, peut-être, son apparition dans l’art italiote : un guttus, de type local, découvert à Teano, près de Capoue 2, et dont le corps est rayé de traits verticaux, appartient probablement à cette date ; mais comme ce guttus porte aussi un décor de petites palmettes estampées, dont l’origine est, nous l’avons vu,

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