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I. — Femmes en diverses attitudes

Femme tenant une couronne (fig. 34, 9). Musée Nat. Ath. (Nicole, op. L, n° 1282) ; (Mon. Line., 1901, p. 342 sqq, fig. 40). L’un et l’autre exemplaires proviennent très probablement du même moule. — A gauche, on aperçoit un poteau qu’on doit sans doute expliquer comme le support d’un trophée. Il s’agirait donc ici d’une scène d’offrande.

Femme debout. Musée d’Alexandrie (Bull. Soc. Arcli. Alex., 1907, fig. 17). Une femme debout, vêtue d’un long chiton finement plisé sur la gorge et le buste et d’un himation retombant à hauteur des hanches (même disposition que la figure précédente). Le bras droit est plié, la main à hauteur de T’épaule ; la main gauche abaissée retient l 'himation.

Femme assise (fig. 34, 10). Université de Bordeaux.

Femme étendue, signalée sans autre description dans Arndt, Aukt. Helb., n° 133.

Suite de jeunes femmes tenant un médaillon où est figurée une tête d’Athéna (fig. 32, I). Coll. Sieglin (Pagenst., op. /., p. 53, fig. 59).

J. — Scènes de chasse :

Chasse au sanglier (fig. 34, 11 et 12). Musée Nat. Ath. (Nicole, op. L, n° 1281). Les deux timbres de l’amphore se faisaient primitivement suite danS la bande où ils ont été découpés.

C’est là un sujet des plus fréquents. A rapprocher une scène, identique dans les moindres détails, de la frise de Giôlbachi, représentant la chasse de Calydon (S. Reinach, Reliefs, I, p. 445, 4) ; cf. également le vase doré de Lampsaque (p. 156).

Lion (Mon. Lincei, 1901, p. 342 sqq, n° 6 ; Arndt, Aukt. Helb., n" 135). Provient peut-être d’une scène de chasse.

Comme on a pu le voir au cours de U énumération précédente, ces sujets rappellent fréquemment des œuvres de métal, timbres de vases, pièces d’armures ou de harnais, boîtes à miroirs. Est-ce à dire que les potiers se soient uniquement bornés à surmouler ces objets ? Je ne le pense pas. S'il y avait eu surmoulage direct, les timbres de nos amphores présenteraient des reliefs plus nets, aux contours plus accusés ; or, sauf de rares exceptions (par exemple la Niké de la fig. 34, 8, les amazones et griffons de la fig. 33, 10 et 11), ces reliefs sont extrêmement flous et souvent effacés. Et pourtant le dessin en est relativement correct, et

214 LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIECLE

contraste avec oet aspect négligé. S’il est impossible d’admettre que ces timbres soient des reproductions directes de motifs métalliques, il est tout aussi difficile de penser que les potiers en soient les auteurs.

Je crois que le procédé d’exécution nous est révélé grâce aux moulages antiques en plâtre 1, sur lesquels nous aurons a revenir à maintes reprises. La collection la mieux connue de ces moulages est celle du Musée Pelizâus de Hildesheim ; ils auraient été découverts dans les ruines de Memphis et proviendraient de magasins. La finesse des détails qu’ils nous ont conservés témoigne qu’ils ont été tirés directement, et sans autre intermédiaire qu’un creux unique, de différents objets en métal précieux. Il y a lieu de croire, puisqu’ils ont été trouvés dans des magasins, qu’ils constituaient non pas des bibelots, mais une réserve de sujets destinés à la décoration céramique, et qu’ils servaient. à la confection des matrices en argile, d’où l’on tirait de nouvelles épreuves. Ces matrices n’avaient plus la netteté et la finesse du relief du plâtre, lui-même moins précis que le modèle de métal ; et les épreuves qui en sortaient étaient encore moins fines et moins nettes, et le devenaient de moins en moins à chaque exemplaire. Telle est, à mon avis, la seule manière d’expliquer la contradiction entre les qualités du dessin de ces timbres et leurs insuffisances de technique.

Si nous examinons le caractère des sujets représentés, nous constatons qu’ils ne se rattachent pas plus au style sévère du ve siècle qu’à l’art hellénique. C’est à la mythologie «de transition», c’est aux légendes héroïques, aux scènes où se mêlent des dieux et des hommes, aux travaux d’Héraklès, aux amours humaines de Zens, à la chasse de Calydon que les toreutes ont emprunté leurs motifs ; les cycles de l’époque postérieure, Aphrodite, Dionysos ne leur

1 Sur les moulages de plâtre dans l’antiquité, voir S. Reinacli, Rev. Arch., 1902, p. o sqq. Cf. également Arch. Anz., XXIV, 1909, p. 154, nos 126-128 (Moulages du Louvre).

VASES CÔTELÉS

fournissent que peu de sujets, et ceux qui s’y rattachent sont traités dans une manière qui n’a rien de la sensualité ou de la mièvrerie hellénistique. Bros n’y est pas l’enfant rondelet et mutin de l'alexandrinisme, mais l’adolescent aux formes féminines de l’art praxitélien ; Aphrodite y est représentée dans la pose et le costume consacrés par l’art classique ; il faut la présence d’un Eros pour désigner cette femme paisible comme la déesse de l’amour. Le groupe d’Ariane et de Dionysos n’est pas ici le couple ivre et dévêtu de la tradition hellénistique, et, pour ce qui est du style, s’il n’a plus rien de classique, il n’a encore rien d’hellénistique. On est tenté de retrouver, dans la facilité académique et i 'élégance un peu banale des poses et des figures, un reflet de l’œuvre du bronzier Lysippe et parfois aussi un peu de la grâce de Praxitèle.

Ainsi, à ne juger que par ces considérations, on arrive à dater de la fin du ive siècle ou du commencement du me, la céramique côtelée à timbres en reliefs. Diverses remarques permettent de préciser et de confirmer cette opinion.

Des indices tirés des inscriptions, tels que l’emploi simultané de l’A à barre droite et de l’A à barre brisée, de l’E à branches inégales et de l’E à branches égales, du - classique et du C lunaire, de l’oméga classique et de l’oméga en forme de w, du ità barre horizontale débordante, la présence de légers « apices », désignent le nf siècle avant J.-C.

Les ressemblances très précises 1 qu’on peut relever entre nos vases et la céramique à repeints du « versant Ouest de l’Acropole » permettent de penser aux limites du ive et du me siècles. Certaines analogies d’usage et de décor rapprochent nos vases des hydries « d’Hadra », que leurs inscriptions datées par l’année d’un règne, permettent de répartir entre 284 et 239. Enfin, une circonstance de fouilles vient apporter une nouvelle précision. Dans la même niche fu-

1. Comparer par ex. la guirlande de lierre sur une cruche d’Athènes C Athen . Mitt., 1901, pl. IV) et sur une hydrie côtelée d’Alexandrie (Bull. Soc. Alex., 1907, p. 59, fig. 17).

néraire, à côté d’une hydrie côtelée, M. Breccia 1 a trouvé une urne portant l'inscription suivante :

Ayo ivîç | •/-£ ropuiéou

Quoique le signe L soit d’une lecture douteuse, il paraît certain que xe désigne non pas le quantième du mois Gor piaios (le quantième ne précédant jamais B indication du mois), mais l’année d’un règne ; et comme, d’après le type graphique, l’ inscription est du uie siècle, on ne peut choisir qu’entre les trois premiers Ptolémées c’est-à-dire entre les années 298, 260, 222 ; mais la nécropole datant de la plus ancienne période ptolémaïque, il faut laisser de côté l’année 222, et adopter 298 ou 260. .l’ inclinerais, à cause des caractères du style décoratif, à préférer la date la plus ancienne, 298. En tout cas, l’écart ne saurait être très grand, et l’on peut désigner la fin du ive siècle et 1a, première moitié du me comme l’époque de fabrication de nos vases.

On admet généralement que les vases côtelés de ce type ont été fabriqués en Egypte (Cyrénaïque et Alexandrie). Une bonne partie d’entre eux en effet y a été découverte ; l’usage de recueillir les cendres dans des vases et d’inscrire sur ces vases le nom des morts, comme c’a été le cas ici, s’il ne fut pas spécial à l’Egypte2, y fut du moins des plus répandus à cette époque, comme le prouve l’abondance des hydries « d’Hadra » 3.

Mais il ne faut pas oublier qu’une autre région, la Crète, a fourni des vases de ce genre, et que cette région est même, avec l’Egypte, la seule à en avoir fourni. Dès les premiers Ptolémées, 1a, Crète était, comme on sait, passée sous la tutuelle égyptienne 4 ;d’un pays à l’autre, les relations étaient

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