CHAPITRE XVI
VASES A MÉDAILLONS
L’usage d’orner un vase d’un médaillon en relief est apparu dès les premières années du IVe siècle, d’une manière isolée et exceptionnelle. Un petit pyxis attique du Musée du Louvre (salle L), est, à cet égard, des plus instructives. Pur la panse se déroule, en figures rouges, une suite de femmes à leur toilette, assises ou debout, tenant divers objets, miroir, fuseau, ruban, corbeille, thymiatérion ; le dessin est dans le genre mignard qui caractérise, vers 400, le décor des petits vases. Le couvercle est orné d’un médaillon à couverte blanche, dans deux bandes circulaires, l’une rouge, l’autre blanche ; sur le médaillon se détache en relief l’image d’une Néréide assise sur un hippocampe et tenant à la main une cnémide. Le relief a la finesse et la précision d’une œuvre métallique ; et il est probable en effet qu’il a été obtenu en surmoulant un couvercle de boîte à miroir.
De cet exemplaire, on peut rapprocher une grande capsa blanche, conservée au Musée de Lyon, et qui semble d’une époque plus récente (fin du iv® siècle ?). La paroi est nue, et n’a pour tout décor que des traits rouges et roses. Le couvercle porte en relief, dans un médaillon, une scène qui représente un homme nu, assis sur un tabouret, d’où pend une draperie (traces de rose), et tenant sur ses genoux une femme que dévoile un Eros debout auprès d’elle.
La rareté des spécimens de ce type donne à penser que la mode ne s’est jamais répandue de fabriquer en argile des imitations de coffrets en bronze. C’est à des vases d’au-
VASES A MÉDAILLONS
très sortes, beaucoup plus répandus et dont la durée fut beaucoup plus longue, que fut réservé l’ usage du médaillon en relief1.
Ces vases sont entièrement recouverts d’un vernis monochrome, auquel s’ajoutent parfois des motifs peints en surcharge. Le vernis est tantôt noir, d’une qualité qui rappelle la couverte des anses attiques, ou d’un lustre très foncé et très brillant, tantôt gris, brun, verdâtre, plaqué de rouge, gâté par tous les accidents d’une fabrication hâtive et négligée ,! tantôt enfin, de ce rouge sombre ou corallin que nous retrouverons dans 1a. céramique pergaménienne fChap. XXIV). C’est exceptionneilleiment, et seulement dans les exemplaires de l’extrême décadence, que la couverte est réduite à un enduit rougeâtre très fluide et presque translucide .
Les incisions qui parfois complètent le décor en relief consistent tantôt en larges rainures circulaires ou rayonnantes avec ou sans rehauts de couleur, tantôt en hachures parallèles ou croisées, gravées dans le vernis 2, tantôt en petits motifs réguliers, estampés dans l’argile fraîche, du type étudié précédemment 3 (Chap. XIV, p. 175). Les retouches peintes sont en deux tons : blanc crème et rose saumon.
D’après la forme, on peut diviser ces vases en trois groupes :
1° — Les coupes, phiales, canthares où le médaillon est placé à l’intérieur.
2° — Les « askoi ».
3° — Des vases de forme exceptionnelle.
1° — La plupart des vases à médaillon intérieur sont des coupes profondes sans anse, tantôt avec un profil rappelant
1. Cf. l’étude de Pagenstecher, Die Calenische Reliefkeramik (VIIIS Ergiinzvngsheft Arch. Iahrb.)