Edgar, Greek Vases , Caire, 27.843, pl. XVII
260 LA CÉRAMIQUE A RELIEFS AU IVe SIÈCLE
chante, trouvée à Alexandrie (n° 12 B) est la réplique exacte d’un autre médaillon provenant de Crimée (n° 12 A) ; mais cette réplique est plus petite ; il y a donc lieu de croire qu’un relief du type de oeilui de Crimée a été surmoulé et que ce surmoulage a été acquis par un potier alexandrin. Est-ce à dire que la toreutique et l’orfèvrerie criméennes ont exercé une influence à Alexandrie ? C’est bien improbable et bien peu conforme à ce que l’on sait sur la médiocrité de l’art crméen et sur le rôle subalterne et passif qu’il a joué.
Pareillement, il ne faut pas tirer des conclusions trop générales du fait que M. Pagenstecher a pu rapprocher deux Eros volant, l’un figuré sur une coupe calène (n° 1 de son catalogue)1, l’autre sur une coupe d’Asie Mineure (n° 26). Comme chacun de ces vases est d’une technique particulière, chacun d’eux représente un spécimen de céramique locale ; il n’y a pas eu d’emprunt de l’un à l’autre ; c’est le modèle seul qui, directement ou par l’ intermédiaire d’un moule, a passé d’une région à l’autre.
De tous ces exemples, il résulte qu’il n’y a eu dans ces cas particuliers que des échanges d’ «•outillage». Mais, à ce qu’il semble, d’autres exemples attestent que les vases eux-mêmes ont fait l’objet d’un mouvement commercial.
Un assez grand nombre de « gutti » 2 que leur forme et le caractère de leur vernis très noir à reflets métalliques permettent de considérer comme des spécimens de fabrication calène ont été trouvés en Cyrénaïque (nos 3 B, C ; 17 J ; 36 A, B), à Bhodes (Nos 21 B, 31), à Galaxidi (nos 11 F ; 17 A), à Corfou (n° 4 G). Nous avons donc, grâce à ces vases, la preuve d’une importation étendue et importante de produits campaniens dans les régions grecques. Ce n’est pas d’ailleurs un fait isolé : on sait en effet qu’il en a été de