CARACTÈRES COMMUNS AUX BOLS
Du point de vue de la forme, on peut répartir les bols en deux grands groupes entre lesquels on peut distinguer, pour la décoration, trois divisions principales qui paraissent correspondre à l’ordre chronologique :
1° — Les bols les plus anciens, et les moins nombreux, •sont caractérisés par une panse renflée vers le bas, et à profil très convexe, par un rebord évasé, et par une couverte luisante, à laquelle nous réserverons le nom de « glaçure » pour la distinguer de la couverte mate de l’autre série (fig. 47, 1). Ces vases se répartissent en deux groupes :
A. — - Ceux dont le décor représente des scènes figurées du genre narratif, empruntées aux thèmes épiques et dramatiques ou à des scènes de la vie réelle (Chap. XIX).
B. — Ceux dont le décor comprend des sujets divers, et sans lien entre eux, limités d’ordinaire au bas par une corolle végétale de folioles qui entoure le bord (Chap. XX).
2° — La série la plus récente et de beaucoup la plus nombreuse, comprend des bols moins profonds que les précédents, à profil relativement tendu et à rebord vertical ou incliné vers l’intérieur (fig. 47, 2). La couverte, plus soignée que dans les séries précédentes, est un vernis mat, rouge, brun ou noir. En règle générale, le décor se répartit en deux ou plusieurs registres limités par des cercles saillants ; le registre inférieur comprend un calice à feuilles
Fig. 47. — Les deux types principaux de bols a reliefs
hautes, qui partent du bord inférieur ; les zones supér retires portent des motifs géométriques, d’origine végétale ou animée (Chap. XXI).
Si lè mode de décor est nouveau, la forme, en revanche, peut se rattacher à un type céramique, d’ailleurs fort rare, dont on connaît des exemples pour les époques antérieures, telles que des coupes du Cabirion en Béotie b un ypaijp-aTty-bv s’/.iropa de Crimée 1 2, des vases du Versant Ouest de l’Acropole 3. Mais, entre ces vases et les bols à reliefs hellénistiques, il n’y a, malgré tout, que des rapports assez lointains, et les ressemblances entre les uns et les autres ne tiennent guère qu’à l’absence de pied et d’anse.
D’où proviennent ces éléments nouveaux de forme et d’ornementation ? Faut-il y voir l’œuvre d’une seule et unique région ? Ou au contraire ne seraient-ils pas dûs à des apports successifs, provenant de régions diverses ? C’est ce que nous aurons à examiner à propos de chaque série, au cours des chapitres qui vont suivre.