A SUJETS LITTÉRAIRES ET RÉALISTES
Les bols dont il est question dans ce chapitre sont ceux auxquels, depuis l’étude dont ils firent l’objet de la part de C. Robert1, on donne d’ordinaire le nom de «coupes homériques». En réalité, si le décor des exemplaires conservés est surtout emprunté aux légendes homériques et préhomériques telles que les connaissait l’antiquité à la fois par l’Iliade et l’Odyssée et par des oeuvres aujourd’hui perdues comme la Petite Iliade de Leschés, l’Ethiopide d’Arktinos de Milet, l’Iliou persis d’Arktinos (ou de Stésichore), des sujets ont été également fournis par le théâtre, et, plus rarement, par la mythologie courante, ou par des scènes de la vie réelle.
Ces bols appartiennent à la première classe (voir fig. 47, 1) : ils ont la panse renflée ; le rebord d’ordinaire évasé, et en légère saillie sur la panse, est parfois couronné d’un bourrelet. Leurs dimensions sont, pour la hauteur, de 70 à 80 millimètres, et, pour le diamètre, de 110 à 120 millimètres. Ils sont recouverts d’un vernis luisant, .que nous
1. C. Robert a étudié ce groupe dans le 50e Berlin. Winchs. -progr., 1890, p. 1-96 ( Homerische Becher) ; à cette étude s’ajoutent deux articles : llermes, XXXVI, 1901, p. 159-160 et Arch. Iahrb., XXIII, 1908, p. 184-203 et pl. 5-6. Depuis lors des descriptions de coupes du même type ont été publiées dans : Walters, Cat. vas. Brit. Mus., IV, G 51, G 104 et pl. XVI ; Arch. Iahrb., XIII, 1898, p. 80-88, pl. 5 ; Journ. Hell. Stud., XXII, 1902-3, fig. 2 ; Arch. Am., XIX, 1904, p. 191 ; ’Eçvjj x. àpy., 1907, p. 83 sqq ; 1910, p. 82 sqq et pl. 2 ; 1914, p. 50 sqq et pl. 1, p. 210 sqq et pl. 6 ; 1917, p. loi sqq ; npa’/.xr/.à, 1912, p. 111.
appellerons « glaçure » par opposition au vernis mat des iiols à bord droit et panse conique, bien qu’il mérite à peine cette appellation, tant il est d’aspect grossier. Il présente à peu près tous les tons possibles, noir, verdâtre, brun, rouge, irisé. Les tons à l’extérieur et à l’intérieur ne sont jamais les mêmes ; à l'extérieur, la couverte est souvent tachée de coups de feu ou écaillée. L’aspect atteste une maladresse et une négligence telles qu’on est porté, au premier abord, à voir dans ces vases des produits de décadence ; nous verrons, du reste, qu’il n’en est rien, qu’ils appartiennent en réalité à une bonne époque, mais qu’ils proviennent d’un pays où les céramistes ne furent jamais ni très soigneux ni très raffinés.
Le décor principal de ces vases s’encadre entre une bande étroite, décorée de motifs géométriques, qui le sépare du rebord, et une autre bande ou une zone qui entoure la partie inférieure. Le fond s’orne d’une rosace qui se ramène, presque sans exception au type suivant : quatre folioles dentelées et à nervures groupées en croix, et quatre autres folioles semblables dans les intervalles (Cf. un type tout à; fait analogue, fig. 74 k).
Tels sont les caractères communs aux bols de la catégorie que nous étudierons dans ce chapitre.
Des différences fondamentales permettent de les diviser en deux classes :
A. — Le décor est l’illustration précise du sujet : chaque personnage y a exactement l’attitude et le geste qui correspondent à son rôle ; aucune figure n’est empruntée à un répertoire étranger. Des inscriptions en relief, parfois en barbotine, désignent les principaux acteurs des diverses scènes ; d’autres, parfois, indiquent soit la source, soit le titre ; il arrive enfin que les intervalles entre les figures sont emplis de citations empruntées au texte illustré.
Les motifs qui décorent la bande supérieure sont invariablement des «tresses», soit du type classique (pi. X a), tel qu’on en voit sur des ouvrages métalliques ou aux socles
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de certaines colonnes ioniques ; soit d’un type dérivé qui consiste en « cœurs » emboîtés (pl. X b). Autour du fond court une bande aussi étroite que la première, ornée tantôt de tresses et tantôt d’oves.
B. — Le décor est formé d’une suite de personnages, parfois de dimensions différentes et d’ordinaire séparés par un large intervalle. Eux aussi sont quelquefois désignés par des inscriptions ; dans ce cas, il arrive que le rôle indiqué par l’inscription soit joué par un personnage tout autre que celui qu’on eût attendu. La décoration a été sans aucun doute obtenue à l’aide de poinçons séparés, employés souvent au hasard.
La bande supérieure admet des motifs variés : tresses du type A, volutes et patinettes pareilles à celles qui se voient dans d’autres séries de bols (fig. 68, 3), rosettes, « grainsd’avoine » (fig. 58), oves, dauphins. Le fond est entouré soit des mêmes motifs que la bande supérieure, soit, — fait à noter, car il permet de rapprocher cette classe de bols de celle que nous étudierons au Chap. XX, — d’un calice de folioles (fig. 59, 60).
A. — BOLS ORNÉS DE MOTIFS CONTINUS. — Les sujets qui forment le décor de ces bols sont l’illustration, presque toujours exacte jusque dans les détails, de passages célèbres empruntés soit aux poèmes épiques, soit à la tragédie (de préférence, à ce qu’il semble, au théâtre d’Euripide). Il est rare que l’inspiration soit tirée de la vie quotidienne, figurée avec plus ou moins de réalisme.
I. — Scènes tirées de l’épopée Iliade, Petite Iliade, Ethiopide, Iliou persis :
1° — Fragment (Arvanitopoullos, ’E<p. àpy.. 1910, pl. 2, 5). Provenance : Thèbes de Phtiotide. Couleur rouge brique.
Tête et bras levé d’un personnage tenant un bâton et qui paraît haranguer son auditoire. A gauche, inscription : [MsvéXaloç ? ;
à droite : Ta[X66êioç], Le personnage serait donc le héraut Talthybios, et la scène celle des serments ( Iliade , IV, v. 192-219).
2° — Bol. Athènes, Mus. Nat., Inv. 2108 (Koumanoudis, ’E?. àp'/. , 1887, p. 74 et pl. 5, 2 = C. Robert, Hom. Bech.. p. 21).
' Proven. Tanagra. — Glaçure rouge.
Combat auprès des vaisseaux ( Iliade , XI, 264-574). (De gauche à droite) Une rangée de poteaux couchés et enchevêtrés représente le ’A -/auov. Trois quadriges s’élancent à. toutes brides
de ce côté ; sur le premier, un conducteur casqué agitant un fouet à deux lanières, et un guerrier casqué qui se retourne et tend la main droite en arrière ; sur le second, deux personnages, dont l’un est désigné comme ’OSuoxjeùp ; à côté de l’autre, on lit sur deux lignes A P ou A ? et MMNwN ou MENwN, peutêtre ’AYaiTep.vwv ; un autre guerrier sans lance, avec un large bouclier, et qui court à côté des chevaux est peut-être Ajax (Cf. Iliade, XI, v. 527). Les deux attelages sont poursuivis par un troisième que monte un guerrier à la lance menaçante, sans doute Hector, et sous le bouclier duquel s’abrite le cocher.
Dans la scène, tout ne cadre pas avec le récit de l’Iliade, où l’on voit Ulysse non pas combattant, mais quittant le combat, blessé (v. 487, 488) et emmené dans le char de Ménélas (et non d’Agamemnon).
3° — Fragment (Arvanitopoullos, pl. 2, 9). Proven. Thèbes de Phtiotide. Inscription : EXauxlou ? Aicp^tSouç. Sans doute scène de F’Apaxcta üe Diomède ( Iliade , V).
4 — Fragment (Ibid., pl. 2, 8). Même provenance. Inscription : Msvs[Xa. . .
5° — Fragment (Ibid., pl. 2, 10). Même provenance. Inscription : [Hdx]po7.Xoç. Peut-être Ménélas et Patrocle (Iliade, XVII, v. 580 sqq.
6° — Fragment (Ibid., pl. 2, 4). Même provenance.
Thétis et Achille (Iliade, XVIII, 616, et XIX, 9). Tête d’un personnage masculin, imberbe, sans doute Achille, portant un bouclier et une lance et contemplant un casque à panache. — Audessus, l’inscription : ©éxiç. A droite, la queue d’un Triton.
7° (Fig. 48). — Trois bols décorés avec le même moule (a et b : Robert, Hom. Becher, p. 25-29 ; — c : Arch. Anz., 1904, p. 191).
a) Berlin, Antiquarium, Inv. 3161 h. Proven. inconnue.
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b) Bruxelles, Coll. Branteghem. Proven. Anthédon (Béotie).
c) Oxford, Ashmolean Muséum. Proven. non indiquée. Présente quelques variantes avec les précédents dans le dessin et l’inscription.
Trois scènes successives. Les personnages sont désignés par des inscriptions.
(De gauche à droite) Entrevue de Priant et d’Achille ( Iliade , XXIV, v. 488-506). Achille est dans sa tente, assis sur son trône, et tient à la main gauche une lance dressée en terre. Il est vêtu d’une chlamyde qui recouvre ses jambes. A sa droite, Priam, coiffé du bonnet phrygien et vêtu d’un manteau, une canne dans la main gauche, s’agenouille et tend la main droite vers les genoux d’Achille. (A rapprocher d’une scène des « tables Iliaques », O. Iahn, Griechische Bilderchronik, pi. IV, F.)
Priam et Penthésilée. — Scènes tirées sans* doute de l’épopée de « l’Ethiopide », dont le sujet nous est donné par Proclos: ’Ap.aÇwv risvGsiTiXsia irapaytvî-ai Tpuai aup.p.ayrjjoua'a. Priam, les cheveux tombant sur les épaules, enveloppé dans un long manteau, appuyé sur un bâton, tend la main à Penthésilée. La scène se passe devant le tumuilus d’Hector (inscription : xâ<poç "Ey.topoç) que surmonte une stèle.
A droite enfin, le combat entre Achille, nu et casqué, et Penthésilée.
8° — Deux bols du même moule (Robert, Hom. Bech., p. 30-38 = Winter, Arch. Iahrb., 1898, p. 82-85) :
a) Berlin, Antiquarium, Inv. 3161 1. Proven. Anthédon ;
b) Bruxelles, coll. Branteghem. Proven. Anthédon.
Scène tirée de la petite Iliade de Leschès, dont le sujet est donné par 1 inscription suivante : xatà Aéayqv, kv. xrjç
fiAxpaç ’lXtàocç' èv x2>(t) cl ^ù\j.[{j.o(yci] p.si^avxsç Tupoç xoùç
’Ayjxicui; puxyYjv.
Mêlée autour d’un cadavre. (De gauche à droite) Un groupe de deux guerriers, cuirassés et tête nue ; l’un soutient son compagnon terrassé, dont la tête et les bras retombent sans vie et le protège de son bouclier (rond) ; puis deux groupes combattant de deux guerriers avec cuirasse à lambrequins, casque à panache et cuirasse à lambrequins ; deux d’entre eux brandissent une longue lance ; l’arme des deux autres a disparu (peut-être une épée). — L’un d’eux a le genou posé sur un cadavre allongé (dont les jambes ont disparu dans le moulage), et le défend contre un assaillant.
9° Trois bols du même moule :
a) Athènes, Mus. Nat., Inv. n° 2105 (Robert, Hom. Bech., p. 41-45= ’Eç. àpy. 1884, pl. 5). Proven. Tanagra ;
b) Berlin, Antiquarium, InV; n° 3371 (Winter, Arch. Iahrb., 1898, p. 82-85 et pl. 5). Proven. Thèbes ;
c) Louvre, Inv. CA 1441.
Les personnages sont indiqués par des inscriptions.
Meurtre de Priam. Scène décrite par l’inscription suivante :
y.axà t îctv]-7]v As ayr,v kv. xvjç p.t'/.pS^ IXtaocç' y.axaçuYbvxoç xob Ilptâp.cu stA xbv (jovp.cv xcîj 'Ep-/.sicu Ai'zz, à-xca'Kaaap c Nso^xcXep.cç gchg xou pwjjicij Kpcç x'?j(i) o’iyiat y,axsffpa^sv.
Première scène (à gauche). Néoptolème, cuirassé et casqué, avec bouclier rond, bondit, la lance à la main (identique à l’un des guerriers des bols nos 8) vers sa victime. Priam (chiton long à manches courtes, et serré à la ceinture, bonnet phrygien) est à genoux ; il embrasse l’autel de Zeus (Iinscription : Aibç 'Epxstou pwp.iç).
Deuxième scène (à droite). Néoptolème a arraché Priam de l’autel ; et tandis que celui-ci, toujours à genoux, les cheveux épars, lève les bras dans un geste de défense ou de supplication, Néoptolème lui plonge sa lance dans la poitrine. Devant le palais, désigné par l’inscription ci >ua lIpiàp,o(u) et représenté par une façade avec triglyphes et guirlandes, Hécube, agenouillée à terre, se tord en gestes douloureux.
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10° — Fragment. Athènes, Mus. Nat., Inv. 4203 (Robêrt., Hom, Bech., p. 31). Proven. Béotie.
Folie d’Ajax. La scène était commentée par une inscription dont il ne reste que les débris suivants : — ITIB- 1 — YTONT
- | — ZONTAI | — TQIAIQN | — SHr.HSIS.— L.2: tg[ütov x['ov y.picv ? — L. 3 : tnpajÇovxai ? — L. 4 : èv] xw(i) ’I(X)tt*ï(t) ?
— L. 5 : £t]ar(y< ’ >v;<nç ?
Il semble bien qu’à la 1. 4, on ne puisse pas .lire autre chosé que èv TÔk’Dawi, formule identique à celle que portent les bols n0B 8. Dans ces conditions, il faudrait plutôt penser à la « Petite Iliade » de Leschès qu’au prologue de F « Ajax » de Sophocle (v. 61-64) où la même scène est décrite ; on sait par « l’argument » de Proclos que la folie d’Ajax était également racontée dans la « Petite Iliade ».
Ajax (il n’en reste que la main) est représenté ici tirant un bélier au bout d’une corde ; derrière le bélier, restes d’un personnage féminin, sans doute Athéna, en long chiton serré à la ceinture, et qui s’élance vers la droite. A droite, genou d’un personnage.
11° — Cinq fragments d’un même bol (Arvanitopoullos, ’E<p . àpy., 1910, pl. 2, fig. 6, 11, 12, 13, 14). Proven. Thèbes de Phtiotide.
Le cheval de Troie. Peut-être scènes tirées de F « Iliou Persis ».
Reste d’une patte antérieure du cheval, montée sur une roulette. A gauche, le bas d’une échelle. Au-dessous, ’A0r)[va. Autres inscriptions : 'A0r(va, Msvs[Xa.., QA
odyssée :
12° (Fig. 49). — Fragment (Ibid, pl. 2, 2). Même provenance. Les personnages sont désignés par des inscriptions (A noter la forme ’OBuasuç).
Deux scènes différentes en deux registres : a) Ulysse quitte Calypso (Odyssée, V, v. 263 sqq). De la déesse il ne reste plus que le bas de la robe, un bras et une main (reste de Finscr. KaXu^]w). D’une main, elle retient Ulysse, et de l’autre lui caresse le menton. Le héros est équipé pour le voyage : il a son pilos et sa chlaina, et porte un paquet suspendu à l’épaule, au bout d’un bâton. Une servante lui apporte une gourde et un sac de provisions. Une jarre est posée à terre (xnscr. owp[a) ;
b ) Ulysse dans la tempête (Od., Y, 313 sqq). Le mât est brisé, la voile a fléchi. Ulysse, à la poupe, arcbouté sur une perche, tâche d’écarter la nef du rocher.
Fig. 49 Fig. 50
Ulysse et Calypso. Métamorphose des compagnons d’Ulysse
Naufrage d’Ulysse. (d’après Ibid., pi. 2, 1)
(d’après Eÿ. ocpy., 1910, pl. 2, 2)
13° (Fig. 51). — Fragment (Ibid., pl. 2, 3). Même provenance. (Fig. 89.)
Les personnages sont désignés par des inscriptions. (A noter les formes ’OSuaeùç et MvYjorépeç.)
Deux scènes différentes en deux registres :
a) Ulysse construisant sa nef (Odyssée, Y, v. 246 et 258). Ulysse est assis sur le pont ; il enfonce un ciseau dans les planches à coups de maillet. En avant de lui, l’armature de la proue (?) et une échelle ; en arrière un mât et une lanterne (?) (ou un pilier de cabestan (?). A droite, restes de deux femmes, dont l’une est sans doute Calypso :
b) Arrivée d’Ulysse chez les prétendants ( Odyssée , XXII, v. 492). (De gauche à droite) Le trône de Pénélope ; les prétendants couchés sur des lits de banquets, en train de festoyer ; l’un d’eux boit dans un grand canthare à pied élancé. Deux jeunes
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serviteurs apportent les mets. Devant une porte, Ulysse rencontre sa nourrice qui tient dans la main gauche un objet indéterminé dont Ulysse a saisi un morceau.
Fig. 51. — Ulysse construit sa nef. — Les prétendants. (d’après Ecp. apy., 1910, pl. 2, 3)
14° (Fig. 50). — Deux fragments du même bol (Ibid., pl. 2, 1). Même provenance.
Métamorphose des compagnons d’Ulysse par Circé (Odyssée, X, v. 207 sqq, 239 sqq, 369 sqq, 432 sqq).
Premier fragment : Un compagnon d’Ulysse (inscr. : 0s<j-s'jç) sort d’une porte ; il a une tête et des pattes de porc.
Deuxième fragment : (De gauche à droite)... eue transformé en âne, ©eiÿpwv assis, ayant une tête de coq, Màvx ryoç (?) bondissant, avec une tête de bélier.
Les noms des compagnons d’Ulysse ne sont pas donnés dans l’Odyssée.
La même scène est figurée d’une manière différente sur les «tables Iliaques», O. Iahn, Griech. Bilderchron., pl. IV, H.
15° — Fragment (Ibid., pl. 2, 7). Même provenance.
Circé et Ulysse. A gauche un objet en forme de trophée, avec bouclier rond et casque (?). Probablement le montant d’un lit (■ Odyssée X, v. 480) auquel Ulysse a suspendu ses armes. A droite reste d’un bras tendu. Au-dessus l’inscription : KipxYji (Peut être : 'Ooucsijç t rapi Ktpy.v; , ou quelque chose de semblable).
16° — Bol. Berlin, Antiquarium, inv. 3161 n. (Robert, Hom. Bech., p. 6-13). Proven. Anthédon.
Les personnages sont désignés par des inscriptions. (A noter la forme ’Oâuasuç.)
Ulysse châtie le chevrier Mélanthios (Odyssée, XXII, v. 161-240). (De gauche à droite) :
Première scène : Le bouvier Philoitios et le .porcher Eumée, casqués l’un et l’autre (v. 114) viennent de s’emparer du traître ; cependant qu’Eumée, qui l’a couché à plat ventre, le fixe au sol de tout le poids de son corps, en lui ramenant les mains derrière le dos, Philoitios apporte en courant la corde pour le lier. Derrière Mélanthios, le bouclier de Laerte qu’il portait au moment de sa capture (v. 184, 185). A gauche, deux boucliers et deux lances qui sont sans doute les. armes de Philoitios et d’Eumée.
Au-dessus de la scène, quatre vers de l’Odyssée (XXII, v. 161, 162 ; 188, 189).
Avant le second passage, il a dû disparaître (sans doute par suite de l’insuffisance de l’empreinte) la fin du v. 187 (Ipuaàv t é
[JAV £tff(il).
Deuxième scène : En arrière d’Eumée, pap une porte ouverte à deux battants, font irruption les prétendants armés, qui s’élancent vers le groupe suivant.
Troisième scène : Athéna avec casque, bouclier et lance, et Ulysse armé de même se retournent vers les prétendants. A droite Télémaque, Eumée et Philoitios, armés et casqués, contemplent Mélanthios, qui, les mains liées au dos, est pendu par les pieds à une colonne.
Citations de l 'Odyssée (XXII, v. 192-196 ; 205-208 ; 226, 227 ; 233, 234).
17° (Fig. 52). — Bol. Berlin, Antiquarium, inv. 3161 r. (Robert, p. 13-20). Proven. Béotie. — Formait le pendant du bol précédent.
Les personnages sont désignés par des inscriptions.
Ulysse tue Leiodès et fait grâce à Phémios et Médon ( Odyssée , XXII, v. 310-380).
(De gauche à droite) :
Première scène : Ulysse, casqué, mais encore vêtu de l’exomis
de mendiant sous laquelle il s’est présenté dans sa demeure, plonge son glaive dans la nuque de Leiodès qui, étendu devant lui, lui a saisi les genoux des deux mains.
Deuxième scène : Ulysse a levé son glaive et s’apprête à frapper Phémios agenouillé et tendant vers lui les mains. Derrière lui, sa lyre est posée à terre à côté d’un cratère à hautes anses enroulées, ainsi que l’indiquent les v. 340, 341 de 1 ’ Odyssée, ch. XXII : « Alors il déposa la lyre ciselée sur le sol, entre les cratères et le trône aux clous d’argent ». C’est sans doute le trône aux clous d’argent, derrière lequel on voit apparaître Télémaque, qui va arrêter le bras de son père.
Troisième scène : Le héraut Médon est à terre. Il sort de dessous le trône, et encore couvert de la peau de bœuf sous laquelle il s’était caché, il saisit le genou de Télémaque (casqué, appuyé sur sa lance), cependant qu 'Ulysse s’élance vers lui, les bras en avant, comme pour l’y recevoir.
Chacune de ces scènes est commentée par les vers dont elle est l'illustration précise ; le texte en est très mutilé ; on peut, d’après les restes, restituer pour la première scène, les vers 310, 311 ; 326 ; 328, 329, et pour la troisième, les vers 361-363 du ch. XXII.
Pour les vers, indéchiffrables, qui illustraient la deuxième scène, il faut sans doute penser au moins au passage v. 340, 341, cité plus haut.
Epopée cyclique :
18° — Bol. Athènes, Mus. Nat., Inv. 2104 (Ibid., p. 46-30). Proven. Tanagra.
Les personnages et les deux villes sont désignés par des inscriptions.
Rapt d’Hélène par Thésée. (De gauche à droite) Sur un quadrige fuyant à toute allure, Thésée debout tient serrée dans ses bras Hélène qui, le torse rejeté en arrière, les bras en l’air, la gorge dévoilée, manifeste le plus vif désespoir. Le cocher dirige l’attelage vers la ville de Corinthe, dont on aperçoit à droite les murailles et les tours crénelées.
Scène suivante : Les trois personnages ont mis pied à terre. Thésée enlace tendrement sa captive. Le couple, précédé de Peirithoosf s’avance vers une ville, entourée, ainsi que la première, de tours et de murailles, qu’une inscription désigne comme Athènes.
Les deux scènes étaient commentées par l’incription suivante dont il ne reste que ceci :
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C’est l’illustration d’une légende connue (Diodore, IV, 63 ; Schol. ad Iliad., III, 242, qui cite une épopée cyclique).