‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 167 sur 312 · Arch. Iahrb., 1908, p. 49, fig · texte numérisé non relu

Arch. Iahrb., 1908, p. 49, fig

Fig. 64

Fragments provenant d'Athènes (d’après Ath. Mitt., 1901, p 61)

Fig. 65

Décor d’un bol de Tanagra (d'après un croquis)

exécuté à main levée, au moyen d’un petit pinceau chargé de barbotine ; les fragments d’Athènes se caractérisent au contraire par un décor ferme et soigné, aux lignes nettes et sures. Il n’est pas douteux que le bol de Tanagra et le bol de Crimée ne sont que des imitations maladroites de la série représentée par les deux autres. Si nous nous demandons de quelle manière ont été fabriqués les bols d’Athènes, nous arrivons à la conclusion que les dessins ne peuvent en avoir été tracés dans le moule, ni à main levée, ni à l’aide d’un poinçon. Chacun des motifs, en effet, occupe toute la hauteur de la panse, et certains sur une assez grande largeur ; on s’imagine, dans ces conditions, combien il eût été malaisé de les imprimer ou de les graver sur la paroi interne du moule, et dans l’étroit espace de ce moule. Il est donc très probable que le creux d’où sont sortis ces vases a été obtenu par surmoulage d’un bol en métal précieux.

De fait, nous connaissons les prototypes métalliques de ce groupe. Un premier spécimen nous en est fourni par un bol en or, provenant de Koban (Transcaucasie) b Ce bol est sans doute d’une époque assez postérieure, mais il se rattache à un ensemble plus ancien : les fleurons et les volutes qui couvrent la panse, et la corolle de grandes feuilles d’acanthe en font un exemplaire hybride qui réunit divers systèmes décoratifs. De notre point de vue, et mise à part la corolle qui entoure le fond, il constitue un précieux élément de comparaison.

Les bols en métal de ce type sont extrêmement rares, et nous devrions nous borner à l'exemplaire de Koban, si un heureux hasard n’avait conservé des fragments de surmoulages antiques en plâtre qui reproduisent deux coupes en argent, très semblables à nos bols d’Athènes1 2 (fig. 66). Ces deux coupes ont, comme nos bols, un galbe d’une convexité

1. Kondakoff-Reinach, Antiq. Russie Méridionale, p. 449, fig. 393.

2. Rubensohn, Hellenist. Silbergerat ant. Gipsabg. Peliziius-Mus. Heidelberg, pl. IX, 18, 19.

LES BOLS A GLA CURE

prononcée ; les fonds s’ornent de rosaces à larges pétales, qu’entoure une couronne de folioles ; des enroulements et des tiges fleuronnées couvrent toute la hauteur de la panse ; dans les espaces libres, on voit des Eros dansant, des oiseaux (poules d’eau, ou canards sauvages ?) et des médaillons en applique portant, sur un spécimen, des figures de Bès, sur un autre, des têtes indistinctes de face.

L’origine alexandrine de ces deux coupes est démontrée par la présence de motifs comme les poules d’eau et les* Dieux-Bès ; en outre, M. Bubensohn, leur éditeur, fait re-

Fig. 66. — Moulages antiques de deux bols d’argent (d’après Rubensohn, Hell. Silberger., pl. IX, 18, 19)

marquer que les médaillons portant des têtes d'Hatbor sont fréquemment appliqués, comme c’est le cas ici, sur les parois extérieures des coupes égyptiennes.

Ainsi les deux misérables fragments d’Athènes et le bol grossier d’Eleusis sont des plus précieux pour nous : ils constituent les uns directement, l’autre par une imitation maladroite, la reproduction d’une vaisselle métallique d’origine égyptienne dont nous allons voir combien important fut île rôle dans la constitution de la céramique des bols à reliefs.

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