C. — Motifs occupant toute la hauteur du vase (fig
1. Polygones. — . 2. Demi-cercles concentriques semés de points. — 3. Godrons et traits verticalix. — 4. Lignes pointillées. — 5. Triangles superposés. — 6. Bossettes. — 7. Petits losanges juxtaposés. — 8. Folioles imbriquées. — 9. Grands enroulements du type B I. — 10. Jugement de Pâris. — 11. Colonnes ioniques.
La plupart de ces motifs nous sont déjà connus : demicercles concentriques des vases d’Ariston ; godrons, bossettes et folioles des bols à gilaçure ; les petits losanges juxtaposés ne sont qu’une combinaison d’éléments de méandre à la manière des folioles imbriquées. — Les polygones ne sont pas nouveaux : on connaît des coupes appartenant à la céramique du « versant Ouest de l’Acropole » ornées de motifs semblables incisés 3. — La division du champ décoratif au
1. Par ex. vases de Phlvaques, Arch. Iahrb., I, 1S86, p. 260 sqq ; peintures murales, Arch. Iahrb., XXVI, 1911, p. 1 sqq.
2. Mon. Piot, V, 1899, pl. VII et VIII. Sur la fréquence de ce sujet à partir du ne siècle av. J.-C., voir la bibliographie dans Dict. .4nt. Chrét. s. v. Anatomie.
3. Ath. Mitt., XVI, 1901, p. 70, n° 6. Cf. Perdrizet, Delphes, V, p. 174.
Fig. 80. — Bols de Délos. — Motifs occupant la hauteur du vase.
moyen de colonnes ioniques n’est point rare dans l’art hellénistique h
Enfin un groupe comme le jugement de Paris, qui décore un bol signé de Ménémachos1 2 est une fantaisie isolée ; il est du moins intéressant en ce qu’il se rattache aux bols à glaçure 3, et aux brûle-parfums, qui ont tant de rapport avec ceux-ci 4. Mais on remarquera que, si le sujet met en scène, par une exception remarquable dans cette série, trois grandes divinités, l'une d’elles, Aphrodite représentée avec un Eros sur ses genoux, est dans une attitude familière à l’art contemporain ; on sait, d’ailleurs, combien grande était à cette époque la faveur dont jouissait le jugement de Pâris 5.
D. — Calice végétal (Fig. 81 et 82).
Les feuilles et fleurons qui composent ce calice peuvent >se ramener aux formes suivantes : 1. Feuilles allongées avec extrémités effilées. — 2. Feuilles en fer de lance. — 3. Feuilles en godrons. — 4. Feuilles de « papyrus ». — o. Palmes, - 6. Feuilles d’acanthe. — 7. Feuilles arrondies et très évasées vers le haut. — 8. Tiges fleuries. - — 9. Fleurons sur tiges droites. — 10. Griffons et perles. — 11. Trident enrubanné. — 12. Caducées ailés. — 13. Couronnes de folioles.
1. Ce mode de décor, que nous avons déjà rencontré sur certains vases archaïques de Sicile (p. 101), a été sans doute emprunté aux peintures murales (Bulard, Mon. Piot , XIV, 1908, p. 152 ; Wiegand, Piiene, flg. 347 et 356) ou aux monuments tels que le sarcophage « des Pleureuses ». Cf. aussi Ant. Bosph. Cimm., pl. LXXXIII, LXXXIV ; C.-R. 1SS2, p. 74, etc...
2. M. Breccia, le savant directeur du Musée Gréco-Romain d’Alexandrie, a eu l’obligeance de me donner un moulage de ce bol ; c’est d’après ce moulage qu’ont été faits les dessins de notre flg. 80. Reproduit dans Pagenstecher, Samml. Sieglin, pl. XX.
3. Comp. par ex. le personnage qui semble jouer le rôle d’Hermès sur le bol de Ménémachos avec un personnage d’un bol signé de Dionysios, Furtwangler, Coll. Sab., pl. LXXIV, 2.
4. Comp. par ex. l’Héra appuyée sur son sceptre avec une figure semblable d’un brûle-parfums du Louvre (Rev. Arch., 1907, 10, p. 246). Cf. aussi Ant. Bospn. Cimm., pl. LXXXI et LXXXII et Rom. Mitt., 1889, p. 68, 69.
5. Voir à ce sujet Cultrera, Saggi sull’arte ellenistica. Corrente asiano, p. 152-153.
Fig. 81. — Bols de Délos. — Eléments de calices végétaux.
LES BOLS A VERNIS MAT
Toutes ces feuilles se retrouvent dans le calice des vases métalliques dont il a été question plus haut (p. 374). Les feuilles de papyrus et de lotus, et les palmes sont évidemment d’origine égyptienne ; les tiges fleuries, que l’on rencontre sur certains vases en métal \ se voient sur quelques monuments de l’Egypte ptolémaïque1 2.
Les caducées ailés ne sont pas rares dans l’art hellénistique 3. Il n’en est pas de même des tridents enrubannés ; je n’en connais d’autre exemple que sur une mosaïque de Délos 4 ; il est donc possible que ce motif soit proprement délien.
Le seul motif qui paraisse spécial au groupe des bols déliens, — sans que, bien entendu, on ait le droit de l’attribuer à une invention des potiers, ' — est celui de la feuille à extrémité arrondie en arc surbaissé. Cette feuille, dont nous trouvons sur les bols de Naples (fig. 73, c, d) le type élémentaire, est ici enrichie d’une torsade sur les bords, et de replis parallèles vers le haut. De plus, elle est devenue une sorte de cadre, qui enferme non plus simplement une simple palmette comme sur les bols de Naples, mais des sujets divers : entassements d’attributs dionysiaques, torches, thyrses, couronnes, oiseaux, nébrides (?) ; — symplegma, — satyre titubant, — Hermaphrodite se défendant à coups de pedum contre l’étreinte d’un satyre 5.
E. — Décor du fond.
Le fond porte parfois une rosace ; • nous en donnons un choix dans la pi. XV. Elles ne différent en rien des rosaces des bols à glaçure. Nous ne connaissons pas toutefois, dans