‹ Les vases grecs à reliefsChapitre 266 sur 312 · Pottier, Mon. Grecs, I880-SG, p. 43 sqq. n · texte numérisé non relu

Pottier, Mon. Grecs, I880-SG, p. 43 sqq. n

ATELIERS D ASIE MINEURE

Les autres spécimens sont décorés de personnages. Sur l’épaule d’une œnochoé (Cat. n° 744), on voit une scène de mystères, d’un type bien connu1 : à gauche un personnage barbu, vêtu d’une tunique à longues manches sur laquelle en est passée une autre à manches courtes, serrée à la taille et formant un « colpos » à la hauteur des hanches ; dans la main gauche, il soutient une corbeille emplie de fruits, et verse, de la main droite, le contenu d’une oenochoé sur la tête d’un pourceau que lui présente un autre personnage.

Sur un fragment d’un vase de forme inconnue (Cat. n° 753), il reste la tête d’un personnage, sans doute une femme, dont le visage, en partie voilé, a une expression d’angoisse (fig. 105) ; sur un autre (pl. IX h), le corps d’un homme debout, nu, avec une chlamyde tombant sur le bras.

Un autre vase, réduit à un fragment de la bordure (Cat. n° 748), était décoré d’une scène bachique : il n’en est demeuré que la tête de Dionysos et d'un de ses compagnons, sous une guirlande de pampres (fig. 106).

Enfin cinq spécimens semblent provenir de vases en forme de rhyton d’un type très spécial : ils ont été moulés dans des matrices, lesquelles ont été confectionnées sans l’usage du tour. Ils sont très allongés et à peine évasés, et les parois

1. Cf. en particulier une scène identique sur un vase de marbre trouvé à Rome ( Dict . Antiq., s. v. Eleusinia, fig. 2634).

ont une surface légèrement bosselée. Deux d’entre eux (Cat. nos 745 et 745 bis), qui sortent du même moule représentent un hermaphrodite aux prises avec deux satyres ; l’un d’eux, à droite, est presque entièrement conservé ; de l’autre, qui se trouvait à gauche, il ne reste qu’une main, passée à la taille de l’ hermaphrodite (pl. IX, g). Un autre (Cat. n° 746), de modelé grossier, porte une scène érotique. Enfin deux autres (Cat. nos 747 et 754), portant des motifs végétaux (feuille d’eau, fleur à haut pédoncule, feuilles d’acanthe) nous indiquent sans doute de quelle manière ces vases étaient ornés à leur base.

Un fragment (Cat. n° 750), qui, bien que revêtu d’un vernis noir brillant, peut être rattaché aux précédents, a pour sujet décoratif deux Eros maraudeurs1 (pl. IX, i) ; l’un d’eux, à gauche, s’attaque goulûment à. une grappe, cependant que son camarade, pris au piège, pleure assis dans son coin .

Il est malaisé de dire quelle est l’origine de ces vases déliens ; cela est d’autant plus regrettable qu'ils ne sont pas sans valeur ; le dessin est correct, les formes sont joliment modelées, les gestes des personnages sont vivants et expressifs. Peu de vases à reliefs ont un mérite égal.

Il me paraît qu’ils ont dû prendre naissance dans une région où le développement artistique était très grand. On peut hésiter entre Alexandrie et l’Asie Mineure. Pour ma part, je pense plutôt à l’Asie, en raison de quelques ressemblances qu’on peut relever entre ces vases et ceux de Pergame.

Cette terre grise et savonneuse, ce vernis gris se retrouvent dans un lagyncs du Musée d'Athènes (fig. 97, II) qui, nous l’avons vu (p. 452), appartient à la céramique pergaménienne. Cette forme de rhvton modelé à main libre est

1. Ce sujet est fréquent sur les pierres gravées (S. Reinaeh, Pierres gravées, pl. XXXIX, 81-84).

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d’un type dont on ne connaît pas d’autre exemple ailleurs qu’à Perga/me ; en dehors des exemples signalés plus haut (p. 490), on notera qu’un fragment de vase noir, conservé au Louvre et provenant d’Asie Mineure, a été modelé à mains libres ; et de plus, il avait pour décor un personnage nu, très semblable à un motif de Pergame (fig. 101, n° 11 d). Enbn, bien que les reliefs aient été obtenus au moyen d’un moule, ils rappellent dans une certaine mesure, par leur saillie très accentuée, les reliefs appliqués des vases à reliefs pergaméniens.

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