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était l’ usage ? Mowat supposait qu’ils servaient de vases à libations dans les temples consacrés aux divinités royales, — Ptolémaion, Bérénikeion, Arsinoeion, — dont les cultes s’étaient établis en tout lieu où vivait une colonie de Grecs d’Egypte1. Mais M. Breccia a raison d’en douter : il est difficile d'admettre que ces vases, si répandus, et d’une apparence ordinairement si grossière, aient fait partie du matériel de culte. On doit bien plutôt croire qu il s’agit tout simplement d’une vaisselle ordinaire2, dont le décor remonte h quelque œuvre célèbre, par l’intermédiaire de vases en métal précieux.
Quelle pouvait être cette œuvre qui, pendant près d’un siècle, a fourni un modèle inlassablement répété ? Une remarque est nécessaire, au préalable. Qu’il s’agisse d’Arsi-, noé II, de Bérénice II, de Ptolémée IV, c’est toujours la même figure féminine, représentée dans la même pose hanchée, avec la jambe gauche fléchie, la tête inclinée, la main droite tendant une coupe, la gauche retenant une corne d’abondance ; et toujours placée entre le même obélisque et le même autel.
Les seules variantes sont dans le costume : ici, le pan de l’himation retombe en avant ; là, il est replié à la ceinture ; ailleurs il est disposé en écharpe, ou ramené en bourrelet sous la gorge ; tous détails insignifiants, dus simplement à des fantaisies de potiers, et qui modifient à peine un type consacré. On a le droit d’admettre que le modèle initial dut être une statue fort connue à Alexandrie.
Or, Athénée 3 nous apprend que Ptolémée II fit élever à sa femme Arsinoé une statue la représentant « avec une corne d’abondance dans la main gauche ». La reine était donc représentée avec les attributs de T ûyr, ; ce qui justifie la mention
1. Bouché-Leclercq, op. L, p. 237, n. 1. On notera qu’à Ca.nosa, d’où provient une oenochoé d’Arsinoé II, ont été découvertes des œuvres diverses de l’art égyptien.
2. M. Breccia rappelle, à ce propos, les vases et autres menus objets qui, de nos jours, reproduisent les traits d’un homme célèbre.