Arch. Iahrb., XXIII, 1908, p. 74 sqq, n
2. Elle n’est pas sans analogie avec une tasse profonde, provenant de la Russie Méridionale, d’une forme assez gauche (Zahn, op. L, p. 301, fig. 150). C’est aussi sans doute à la Russie Méridionale qu’on doit rapporter un skyphos orné de lierre (Zahn, op. L, p. 291, fig. 152).
Ils se rattachent au groupe des skyphoi précédemment décrits, en ce qu’ils sont munis des mêmes anses (pl. XVII, a ). Mais la panse est très différente : presque cylindrique, légèrement évasée au bas, couronnée d'un rebord saillant, elle se rattache à une tradition très ancienne, qui remonte à l’art mycénien b Cette forme semble avoir été étrangère à la céramique grecque 1 2 des époques archaïque et classique ; mais elle n’a jamais disparu dans la vaisselle de métal : les prototypes doivent, en effet, en être cherchés, dans ces « situlae » (voir p. 160), que l'on voit représentées sur des vases à figures rouges ; d’abord réservées à des cérémonies rituelles, elles ont été ensuite employées à des usages profanes ; et le seau à libation s’est rapetissé en une tasse. A partir de l’époque hellénistique, les vases en métal de ce type semblent avoir été très appréciés ; on en possède des spécimens asez nombreux 3 dont plusieurs proviennent de Pompéï. Ces tasses en métal précieux, qui rappellent la forme d’un petit boisseau, doivent sans doute, comme l’a ingénieusement supposé Héron de Villefosse 4, être identifiées avec les « modioli » dont il est question dans une énumération de vases en argent du Digeste 5.
Parmi ces spécimens métalliques, aucun n’est plus proche de nos « modioli » de faïence, que les deux célèbres tasses de Boscoreale 6, où se voit une danse de squelettes. Mais il n’y a pas lieu de penser que les vases de terre cuite sont des surmoulages de vases en métal ; ils ont en effet été modelés au tour, et le décor a été obtenu avec de la barbotine et sans le secours du moule.
Les exemplaires les mieux conservés sont au nombre de