H. de Villefosse, op. I., pl. VIT, VIII
LES VASES ÉMAILLÉS
trois1: l’un est au Louvre (pl. XVII a) et provient de Smvrne 2 ; l’autre3 est originaire d’Olbia ; le troisième, que possède l’Antiquarium de Berlin 4, a été découvert sur remplacement de Pella en Macédoine.
Les deux premiers sont de formes très semblables (voir pl. XVI a) ; celui du Louvre est revêtu d’un émail brun, sur lequel une bande jaune clair est réservée pour la zone de personnages. Le vase de Berlin est assez différent : il est plus élancé, et porte une anse unique, à mi-hauteur de la panse ; les reliefs se détachent en vert clair avec des détails en marron, sur un fond verdâtre.
Les exemplaires du Louvre et d’Olbia sont décorés de danses macabres : des squelettes s’y démènent en une agitation folle, qui rappelle les danses des Ménades ; les uns brandissent une nébride ou un thyrse ; d’autres ont dans la main une coupe (?). Le vase de Berlin présente un sujet plus varié : au centre, un squelette debout, de face, dans une pose raidie ; la tête est légèrement inclinée ; une couronne de festin, tombée autour du cou et d’où flottent des bandelettes, fait entendre que ce mort fut un joyeux vivant ; à droite et à gauche, une couronne, un cuissot, une amphore, une flûte phrygienne, parsemés sur le fond, rappellent les plaisirs des banquets. De chaque côté du squelette s’agite un bonhomme grotesque, coiffé d’un bonnet pointu, vêtu de haillons : les bras et les jambes sont décharnés, le torse est ramassé et difforme ; un immense phallus complète l’anatomie ; la tête, avec son oreille animale, son nez en bec-decorbin, sa bouche lippue, sa barbe rare en éventail, s’accorde bien avec l’ensemble. Ces hommes-sauterelles, ces « grylli » 5, ne sont point rares dans la caricature hellénistiques 6 ; mais ils y sont, infiniment moins nombreux que les
1. M. Zahn cite en outre un fragment appartenant à la coll. Arndt.